L’édition 2026 du CPLF qui s’ouvre à Lille ce vendredi 30 janvier, jusqu’au dimanche 1er février, constitue sans nul doute un moment important pour l’ensemble de la communauté pneumologique francophone : il s’agit en effet du 30e congrès unique de pneumologie. Rappelons en effet qu’avant 1997, il existait deux congrès par an, plus petits et surtout moins fédérateurs. Grâce à une volonté assumée de regrouper toutes les forces de cette discipline et de représenter, en un seul lieu, l’ensemble des modes d’exercice lors d’un grand rendez-vous annuel, le congrès unique de pneumologie a pu voir le jour en janvier 1997 avec, comme premier thème principal, « Les urgences en pneumologie entre la ville et l’hôpital ». Organisé par Pneumologie développement, à l’initiative des trois associés représentant bien l’ensemble de la pneumologie (Association de perfectionnement post-universitaire des pneumologues privés [APP] ; Collège des pneumologues des hôpitaux généraux [CPHG] ; et Société de pneumologie de langue française [SPLF]), ce congrès a très rapidement connu un vif succès car il répond à un vrai besoin de rencontres, d’échanges, de formation post-universitaire et de présentation de travaux originaux francophones.
Au fil des ans, la fréquentation a augmenté et de plus en plus d’internes, d’infirmières, de kinésithérapeutes, de techniciens et de médecins non-pneumologues ont pris plaisir à y participer également. Dès le 5e CPLF de 2001, le fil rouge était « Maladies respiratoires et handicap » : comme si l’entrée dans ce siècle se voulait délibérément ouverte à une thématique transversale concernant une problématique de société, dépassant largement les thèmes traditionnels du type asthme/allergie, BPCO, infections respiratoires, oncologie thoracique, pathologies du sommeil ou pneumopathies interstitielles.
En 2026, un fil rouge inédit
Le choix du fil rouge de ce 30e CPLF, « Genre, sexe et santé respiratoire », n’est pas anodin. Ainsi, une session plénière propose de « Tout comprendre (enfin) sur sexe et genre », de manière que chacun, quel que soit le mode d’exercice ou ses centres d’intérêt, puisse appréhender correctement l’évolution de ces concepts : la manière dont on définit actuellement un individu ne peut probablement plus se résumer à ses chromosomes (c’est-à-dire à son sexe biologique), d’autant qu’il existe environ 2 % d’individus intersexes ou intersexués, dont les caractères sexuels biologiques, notamment les organes génitaux ou les taux d’hormones, ne correspondent pas aux définitions traditionnelles du sexe féminin ou masculin. Des préjugés liés au genre influencent sans nul doute les pratiques médicales actuelles, mais aussi l’enseignement, la recherche et le comportement des patients eux-mêmes, pouvant conduire à des inégalités d’accès aux soins et/ou de prise en charge évidemment délétères. Lors de ce congrès, plusieurs interventions tentent d’apporter des pistes de réflexion autour des questions suivantes : existe-t-il des différences femmes-hommes dans les essais cliniques asthme/BPCO ? Est-ce que le genre du soignant et celui du patient influencent le soin ? L’égalité de l’accès au soin existe-t-elle vraiment ? L’éducation thérapeutique doit-elle tenir compte du genre ? Y a-t-il des différences selon les sexes quant au retentissement du cancer bronchopulmonaire sur la vie quotidienne ? Dans la dépendance et la consommation de tabac/cannabis ? De quoi nourrir le débat, sans aucun doute…
Dérèglement climatique, sessions cliniques
À côté de ce fil rouge passionnant et totalement inédit, ce 30e CPLF parcourt des thèmes variés et sources d’échanges, à commencer par la conférence inaugurale, accueillant le Pr David Grimaldi, médecin réanimateur et conseiller scientifique du programme « Santé, climat, résilience » du Shift Project, qui aborde le thème suivant : « La santé, victime ou coupable du dérèglement climatique ? ». Deux sessions d’actualités balaieront les principales nouveautés dans des domaines aussi variés que la maladie thromboembolique veineuse, les pneumopathies interstitielles diffuses, le traitement de la tuberculose multirésistante ou celui du cancer bronchique à petites cellules, pour n’en citer que quelques-uns.
Et comme chaque année, les meilleurs résumés de communication soumis début septembre seront présentés à la communauté, souvent par de jeunes collègues ayant réalisé des travaux originaux. Parmi le millier de résumés soumis, seulement 48 feront l’objet d’une communication orale lors de huit sessions thématiques et 72 autres seront présentés sous forme d’affiche discussion. Les nombreuses présentations affichées (traditionnellement appelées posters), un peu plus de 500 cette année, donneront lieu à des discussions riches et utiles pour celles et ceux qui comptent sur l’avis de leurs pairs pour progresser dans le domaine de la recherche clinique ou expérimentale. Et les différents ateliers ont fait le plein de participants.
Deux recommandations en avant-première
Traditionnellement, la première après-midi du CPLF offre aux participants la possibilité d’échanger sur deux recommandations non encore finalisées, de manière à recueillir les avis de la salle. Cette année, une session consacrée aux recommandations à venir sur l’asthme sévère de l’adulte, sous l’égide du groupe de travail SPLF Asthme et Allergies (G2A), aborde les traitements de fond dans l’asthme sévère et des questions centrées sur les biothérapies (instauration puis espacement). En parallèle une autre session concerne les futures recommandations sur le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), notamment pour ce qui touche au diagnostic et au dépistage. En effet, il faudra attendre 2027 pour en savoir un peu plus sur la prise en charge thérapeutique du SAHOS. Ces sessions sont habituellement très suivies par l’ensemble de la communauté.
Il faudra attendre 2027 pour ces recommandations présentées en avant-première
Convivialité et interactivité
Le plaisir qu’ont les participants du CPLF à se retrouver toujours plus nombreux pour perfectionner et mettre à jour leurs connaissances n’a d’égal que la convivialité et l’interactivité, souhaitées et revendiquées, par les organisateurs de ce congrès. Au moment d’élaborer la première mouture du programme du CPLF qui aura lieu presque dix-huit mois plus tard, les membres du conseil scientifique de la SPLF ont toujours à cœur de choisir des thématiques originales, variées, reposant largement sur les propositions des différents groupes de travail adaptées à l’air du temps et susceptibles d’intéresser le plus grand nombre de participants, quels que soient leur origine, leur mode d’exercice ou leur expérience professionnelle. La réussite d’un CPLF est l’œuvre de toutes et tous et l’édition 2026 ne dérogera pas à la règle. Il est même probable qu’elle apporte une touche d’originalité dans ses choix assumés, en phase avec son époque et tout à fait digne d’accompagner un anniversaire marquant : celui des 120 ans de la SPLF.
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