L’observance thérapeutique est un enjeu de santé essentiel dans les pathologies chroniques. Les études se sont multipliées afin d’identifier des caractéristiques liées au patient, notamment le sexe, qui y seraient corrélées. Les données s’avèrent complexes et contradictoires. Un cliché veut que les femmes soient plus attentives à leur santé que les hommes, « mais il ne faut pas généraliser », prévient le Dr Bruno Philippe (Pontoise). De fait, la non-observance touche indistinctement les femmes, les hommes, les patients jeunes, les patients âgés.
« Certaines études ont toutefois mis en avant le rôle du statut socio-économique pour expliquer le fait que les femmes soient, dans certains cas, moins observantes. En effet, à l’échelle mondiale, les femmes reçoivent moins d’éducation scolaire, ont un niveau socioprofessionnel moins élevé que les hommes, ont la charge de la famille et sont moins observantes », explique le Dr Philippe.
À l’échelle mondiale, les femmes sont moins observantes, contrairement à l’idée reçue
« Cependant, il n’y a pas de réponse tranchée au niveau du genre. Ce qui compte réellement, c’est la relation soignant-soigné. L’observance dépend en particulier de la posture de la personne qui soigne et de la représentation qu’elle se fait de la personne soignée », souligne le Dr Philippe. La communication médecin-patient est cruciale pour favoriser l’observance et dans ce cadre, l’éducation thérapeutique du patient ou de la patiente (ETP) est incontournable.
Dans l’ETP, médecin et patient apprennent l’un de l’autre dans un échange gagnant-gagnant. « Il faut prendre le temps de se centrer sur la réalité du patient, l’écouter et accueillir toutes ses informations. Cette relation d’écoute et de partage remet en question une relation parfois patriarcale entre le médecin et le patient. Il faut savoir se remettre en question, bousculer sa pratique, combattre les clichés et les idées préconçues. »
La relation d’écoute et de partage remet en question une relation parfois patriarcale.
Dr Bruno Philippe
C’est tout ce que préconise l’ETP : une démarche centrée sur le patient lui-même et non pas sur le diagnostic de la maladie et son traitement. « Face au développement de l’IA, ce qui va sauver la médecine c’est l’ETP ! », plaide le Dr Philippe.
Article précédent
Dépistage organisé : point d’étape
Article suivant
Biothérapies : la surveillance des effets indésirables reste nécessaire
Sexe et genre : pour ses 30 ans, le congrès s’inscrit dans son époque
La galaxie pneumologie unie pour la recherche
Dépistage organisé : point d’étape
Pour une égalité de prise en charge, peu importe le genre ou le sexe
Biothérapies : la surveillance des effets indésirables reste nécessaire
Des facteurs hormonaux de cancer
Les SMS du congrès CPLF 2026
Dr Vincent Pradeau (Avenir Spé) : « Les spécialistes libéraux sont mobilisés et remontés comme jamais ! »
Le pilotage de précision des grossesses sous immunosuppresseurs
Sarcoïdose : souvent thoracique, mais pas que
Savoir évoquer une dermatose neutrophilique