Tavi : les femmes bénéficieraient-elles d’un dispositif spécifique ?

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Publié le 02/05/2024
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L’essai Smart, conduit chez des patients atteints de sténose aortique et présentant un petit annulus aortique – courant chez les femmes –, retrouve une supériorité de la valve auto-expansible sur la valve expansible par ballonnet.

Crédit photo : BURGER / PHANIE

En cas de sténose aortique nécessitant un remplacement valvulaire aortique transcutané (Tavi), deux types de prothèses sont disponibles : des valves expansibles par ballonnet, ou des valves auto-expansibles. Chez les patients présentant un annulus aortique large – comme c’est souvent le cas chez les hommes –, des études suggèrent que le deuxième type de prothèses est associé à de meilleurs résultats hémodynamiques et cliniques à long terme. Mais est-ce aussi le cas des patients dotés d’un petit annulus aortique comme de nombreuses femmes, sous-représentées dans les études ?

Les femmes sont sous-représentées dans les études

Pour répondre, l’essai Smart a comparé, chez un peu plus de 700 patients présentant une sténose aortique sévère et un petit annulus aortique, la valve expansible par ballonnet Sapien de l’entreprise Edwards à la valve auto-expansible Evolut de Medtronic – qui a réalisé l’analyse statistique des résultats de l’essai. Conclusion : à un an, la valve auto-expansible semble cliniquement non inférieure à la valve à ballonnet, voire supérieure à celle-ci en termes de performances techniques.

Cependant, une commentatrice de l’essai retrouve de nombreuses zones d’ombre dans ce travail : croisement inexpliqué de quelques patients du bras valve auto-expansible vers le bras ballonnet, déploiements ectopiques de la valve auto-expansible, recours à une définition non consensuelle des dysfonctionnements hémodynamiques, etc. Selon elle, cette étude ne permettrait en réalité pas de dégager de nette différence, technique ou clinique, entre les deux valves, qui demeurent à recomparer peut-être selon d’autres critères et méthodes, et sur une plus longue durée.

Late-Breaking Clinical Trials Deep Dive II

Irène Lacamp

Source : Le Quotidien du Médecin