Les enfants issus d'AMP sont-ils plus à risque de malformations congénitales ? Sensiblement, semble indiquer la littérature. La technique de l'ICSI (aujourd'hui, 68 % des tentatives de FIV) a notamment fait couler beaucoup d'encre depuis sa mise en pratique en 1992, avec des études observationnelles qui rapporteraient une augmentation du risque de 7,1 % en ICSI vs 4 % en population générale. Mais « encore une fois, l'excès de risque ne peut être attribué exclusivement à l'ICSI, l'on doit aussi tenir compte de l'association avec les procédures de FIV et du terrain d'infertilité masculine », met en perspective la Dr Epelboin.
La cohorte de l'ABM a permis de suivre les naissances uniques de 2013 à 2017, issus de FIV (transfert d'embryon frais ou congelé, insemination intrautérine) ou de conception. Elle met en lumière 4,5 % de malformations en FIV, vs 3,8 % dans toute la population, soit un surrisque de 20 % (OR de 1,2), ramené à 15 % (OR 1,15) après ajustement en analyse multivariée. « Cela reste modeste », commente la Dr Epelboin, qui insiste sur la confusion des facteurs, entre techniques, terrain d'infertilité, historique des traitements, etc.
« On ne peut nier en revanche un lien entre techniques d'AMP et risques épigénétiques », avait en revanche alerté la Pr Patricia Fauque, cheffe de Service du Laboratoire de biologie de la reproduction (CECOS) et coordinatrice du centre d'AMP de Dijon, lors d'une conférence internationale organisée par l'Institut national d'études démographiques (Ined), ce 4 juin. Les enfants issus d'AMP auraient, selon huit études, cinq fois plus de risques de présenter un syndrome de Beckwith-Wiedemann (SBW) - dont l'incidence en population générale est de 1/13 700. Le risque relatif pour le syndrome de Silver-Russell (qui touche 1/100 000 enfants) est estimé, selon une étude, à 6,7, selon une autre, à 12,6. Les syndromes Prader-Willi et Angelmann seraient davantage liés, eux, à l'infertilité.
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