Trois étudiants, ainsi que l'Université de Lille, ont été relaxés ce 18 février 2026 après avoir comparu en janvier pour bizutage ou complicité à la suite du décès d'un étudiant en médecine en marge d'une soirée d'intégration alcoolisée en 2021.
L'Université de Lille a également été relaxée des poursuites pour homicide involontaire, de même que le chauffeur routier qui avait percuté Simon Guermonprez, l'étudiant de 19 ans, dans la nuit du 8 au 9 juillet 2021. Cette relaxe générale avait été requise par le parquet lors du procès, le 20 janvier.
Manque de preuves selon le tribunal
Le tribunal a estimé que les investigations n'avaient pas permis d'établir que la victime était ivre au moment des faits, ni que le jeune homme avait été contraint de consommer de l'alcool, ni qu'il ait subi des actes humiliants ou dégradants. Aucun des trois étudiants, dont l'une avait prêté son appartement pour la soirée, « n'a proposé ce soir-là d'alcool à M. Guermonprez », a souligné la présidente en rendant la décision, ajoutant que les consommations étaient coupées, « une dose d'alcool pour cinq doses de boisson non-alcoolisée ». Les témoignages assurent que M. Guermonprez « n'avait pas l'air ivre, n'était pas dans un état second, ne titubait pas, ne bégayait pas », ce qui était confirmé par des caméras de vidéosurveillance, a-t-elle ajouté.
Simon Guermonprez, admis en deuxième année de médecine à Lille, participait à une soirée d'intégration organisée par des étudiants plus âgés. À l'issue de la soirée, déposé vers minuit en Uber devant le domicile de ses parents dans la métropole lilloise, le jeune homme s'est ensuite rendu sur un pont surplombant l'autoroute A27.
Incompréhension totale des proches
Selon l'enquête, il a pris un selfie avant d'être mortellement percuté par un camion circulant sur l'autoroute en contrebas, possiblement en tentant de récupérer son téléphone tombé sur les voies. Le chauffeur du poids lourd avait affirmé à l'audience que le jeune homme se trouvait sur la bande d'arrêt d'urgence avant de se « jeter » sous son véhicule. « Je n'ai pas eu le temps de piler, il s'est jeté », avait déclaré à la barre cet homme de 50 ans. Le tribunal, soulignant que « M. Guermonprez avait enjambé » la rambarde de sécurité, a estimé que le chauffeur n'avait « commis aucune faute ». Daniel Guermonprez, le père de la victime, avait rejeté la thèse d'un suicide, estimant que la « seule conclusion » possible est que son fils était « désorienté à cause de l'alcool ».
Avant que le tribunal ne prononce la relaxe de tous les prévenus, le père de Simon avait réagi sur Facebook à la demande de relaxe formulée le 21 janvier par le parquet, dénonçant une décision qu’il jugeait « incompréhensible » au regard des témoignages évoquant des pratiques de bizutage. « Vous comprendrez que si les juges suivent cette demande de relaxe, nous aurons bien du mal à présent à faire confiance à la justice », avait-il écrit dans un texto adressé au Quotidien.
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