Sous la plume de Laurent Bernat, DEA de Sciences politiques et de Ghislain de Salais, Sciences Politiques Paris, chargé de mission pour le premier et ex chargé de mission pour le second, l’OCDE livre un cadre d’action sur la « sécurité numérique » intitulé « la cybersécurité pour la prospérité ». Ce document de quarante-trois pages s’adresse avant tout aux pouvoirs publics. Il avance un principe intangible qui copie en tous points la précédente livraison de l’OCDE de 2015 : la sécurité oui mais à condition d’être au service de la croissance économique.
Narcisse et contresens
Les auteurs sont satisfaits d’eux-mêmes qui insistent sur l’excellence et la portée de leurs conseils afin de guider et protéger les organisations publiques ou autres entités privées des vilains pirates depuis 1990. On ne peut que constater l’efficacité de leur pilotage et d’applaudir à tout rompre devant l’annihilation des attaques externes.EN revanche pas un mot sur l’IOT, ni sur la GTB (gestion technique du bâtiment), les automates et biomédical dans la santé. Trop récent ?
Les auteurs, s’échinent – disent-ils – à faire comprendre les enjeux économiques et sociaux par les responsables de l’action publique. Or donc, les milliers de guides, de livres blancs, de « blue prints », de livres, de conférences, n’auraient pas pu atteindre le cortex cérébral de nos décideurs ? Mais comment se fait-ce ? Les 32 agences et instances représentatives, commissions parlementaires françaises n’y auront donc rien fait avant que, tels des Messies, la Vérité de nos deux technocrates ne soit délivrée à la plèbe. On s’étonnera également de la terminologie usitée. Le concept de sécurité informatique ou sécurité numérique n’est plus employé depuis près de 15 ans au profit de la sécurité de l’information. L’enjeu ne porte pas sur la technique mais sur l’usage. L’important est que la bonne personne dispose de la bonne information, sous la bonne forme, au bon moment, au bon endroit.
Et si l’on enfonçait les portes ouvertes ?
Très – vraiment très - orienté économie en croissance infinie, le rapport revient sur ce que nous savons déjà tous sans jamais apporter un quelconque embryon de solution systémique simple, fiable, accessible, automatisé. Qu’on en juge : « La dématérialisation a accentué notre dépendance numérique ainsi que la portée, l’ampleur et la complexité globale des systèmes d’information, des réseaux, des actifs de données et des flux de données des organisations. Celles-ci n’ont pas toujours suffisamment évalué le risque de sécurité numérique lié à cette évolution, ni pris des mesures de sécurité proportionnées pour le gérer. Les individus sont désorientés par la complexité du jargon technique, des dispositifs et des procédures relatifs à la cybersécurité, tels que les mises à jour, les procédures d’authentification, etc. Les produits et les services ne sont pas suffisamment sûrs et exposent leurs utilisateurs à des risques de sécurité, sans qu’ils aient accès aux informations et aux moyens nécessaires pour les atténuer. Des sources de menaces criminelles ou soutenues par des États tirent parti de cette situation, et renforcent leurs attaques dont ils retirent des gains financiers, politiques ou géopolitiques, entre autres ». Pour un peu, on nous convaincrait de retourner aux pigeons voyageurs. D’ailleurs l’armée français en conserve un bataillon au cas où et les « services » français utilisent le papier et les motocyclistes en cas d’information « très secrète ». En conclusion, si vous vous préoccupez des économies d’énergie et du réchauffement climatique, faites l’économie du téléchargement de ce énième rapport.
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