SIGNE DES TEMPS ? Dans son dernier ouvrage, « La France et ses régions » (édition 2010), l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) se penche dans un chapitre entier sur les perspectives de la démographie médicale. Le sujet, longtemps confiné au secteur de la Santé, se « démocratise ». Après avoir gagné les élus, l’inquiétude touche le grand public.
Le dossier de l’INSEE se veut très didactique – il explique, par exemple, pourquoi la longue durée des études de médecine est un facteur d’« inertie » pour toute évolution de la démographie médicale. Sur le fond, croisant les statistiques des effectifs médicaux (qui « devraient baisser de près de 10 % d’ici à 2019, avant de revenir à leur niveau actuel en 2030 ») et ceux de l’évolution de la population, l’INSEE construit un scénario tendanciel de la densité médicale des vingt années à venir. Celle-ci passerait « de 379 à 279 médecins pour 100 000 habitants entre 2006 et 2020, calculent les statisticiens, diminuant ainsi de 16 %, pour retrouver son niveau du milieu des années 1980 en 2020 ». Après cette date, si les comportements des médecins devaient rester inchangés, si le numerus clausus augmentait jusqu’à 8 000 en 2011 puis redescendait progressivement à 7 000 à partir de 2020, alors « la densité médicale serait à nouveau croissante entre 2024 et 2030, année à laquelle elle serait de 295 médecins pour 100 000 habitants, c’est-à-dire inférieure d’environ 10,6 % à son niveau de 2006 ».
Renversements de tendances locales.
Localement, les évolutions seront très contrastées, pronostique l’INSEE, même si les densités régionales devraient « toutes diminuer sur la première partie de la période de projection » (2010-2020). Pour les statisticiens, 16 régions vont voir leur densité médicale baisser à l’horizon 2030, le phénomène étant particulièrement marqué pour cinq d’entre elles : la Corse (- 35 %), Languedoc-Roussillon (- 30 %), l’Ile-de-France (- 26 %) et Midi-Pyrénées (- 22 %). Au contraire, cette même densité croîtrait relativement fortement (entre 10 et 16 % de hausse) en Poitou-Charentes, Franche-Comté, Basse-Normandie, Bretagne, Auvergne et en Lorraine.
Quant aux comparaisons des régions entre elles – toutes ne partant pas avec la même donne de départ en termes de densité médicale –, elles montrent que des renversements de tendance vont s’opérer au cours des années. « En 2006, les écarts entre les densités régionales (étaient) en moyenne de 15 % de la densité nationale », soit beaucoup moins que ce qui a pu se produire dans un passé proche (21 % en 1983), rappelle l’INSEE, et de fait, ces disparités seront « globalement peu atténuées en 2030 ». Certaines régions seront toujours bien mieux dotées en médecins que d’autres mais, surprise, ce ne seront plus les mêmes ! Exemples spectaculaires : « Ile-de-France et PACA ne seraient plus les régions aux densités les plus élevées ».
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