« LES MÉDECINS libéraux doivent se poser la question de leur responsabilité au sujet de leur présence dans les territoires ruraux. Les professionnels libéraux ne sont pas mal payés, ils ont donc une responsabilité vis-à-vis de la société. À quoi sert un médecin libéral s’il est loin de ses patients ? »
En posant cette question lors des « Entretiens des professions libérales », organisés cette semaine à Paris par l’UNAPL (Union nationale des professions libérales), Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, peut se vanter d’avoir réveillé l’assistance. Invité, en compagnie de Jean-Michel Lemétayer (président de la FNSEA), de Jean-Pierre Door (député UMP du Loiret), et de Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), à débattre sur le thème « les professionnels libéraux, acteurs de la vitalité des territoires », sa prise de position n’a laissé personne indifférent. L’avocate Brigitte Longuet, auteure d’un récent rapport sur la redynamisation des professions libérales, a été la première à lui répondre. « Les professionnels libéraux sont là pour satisfaire les besoins de leurs clients, reconnaît-elle, mais encore faut-il qu’il y ait des clients dans ces territoires. » Hervé Mariton n’est pas sensible à cette argumentation et le dit sans détour : « Dans ces territoires, les patients sont souvent là, tout ça doit s’organiser. Si le praticien est trop loin de ses patients, c’est la notion même de libéral qui s’en va. » Le Dr Michel Chassang prend à son tour la parole. « On ne peut pas obliger un médecin libéral à exercer là où il ne veut pas aller », lance-t-il à l’assistance. Et s’adressant directement à Hervé Mariton, il conclut : « Ce genre de discours décourage les jeunes médecins de s’orienter vers l’exercice libéral. »
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