Agnès Buzyn avait déjà plutôt séduit l’Ordre des médecins lors de ses discours. La ministre de la Santé pourrait bien avoir à nouveau marqué des points importants jeudi matin lors de l’ouverture du Congrès du Cnom à Paris. Elle a en effet annoncé la mise en œuvre de la recertification des compétences des professionnels de santé. « Garantir à tous une même qualité et sécurité de prise en charge, c’est s’assurer périodiquement que les professionnels actualisent leurs compétences » a-t-elle déclaré. Une idée qui est chère à l’Ordre des médecins, et particulièrement à son président Patrick Bouet. Il y a deux ans, à l’occasion de la Grande conférence de santé, le généraliste de Seine-Saint-Denis appelait déjà à lancer le chantier de la recertification. À l’époque, les syndicats de médecins n'avaient pas vraiment suivi « si l’on se reporte deux ou trois ans en arrière, souvenez-vous nous étions très seuls » rappelle d'ailleurs Patrick Bouet. Sa satisfaction est donc d’autant plus grande aujourd’hui de voir cette idée presque adoptée par le ministère de la Santé
[VIDEO] Patrick Bouet se félicite de l'annonce d'Agnès Buzyn
En ouverture du congrès de l' @ordre_médecins, @agnesbuzyn a annoncé une mission sur la recertification. @BouetP s'en félicite pic.twitter.com/ZwTaZ3cvtf
— Le Généraliste (@LeGene_hebdo) 19 octobre 2017
Si l’idée est lancée, la mise en place, elle, n’est est qu’à ses balbutiements comme l’a expliqué Agnès Buzyn : « avec la ministre de l’enseignement supérieur nous préparons une mission pour poser les modalités de mises en œuvre de cette recertification des compétences ». La ministre de la Santé aborde d'ailleurs le dossier avec la plus grande prudence. « C’est un sujet éminemment complexe, même l’Ordre qui l’a promu lors de la grande conférence de santé n’avait pas d’idée de la façon de la mener de façon opérationnelle. Prenons le temps, arrêtons de nous fixer des deadlines qu’on ne tient pas ».
Sans connaître les détails de la périodicité ou même de la forme de cette recertification, Agnès Buzyn a en revanche une idée assez claire de l'économie du projet et de ce qu’il faut éviter. « Ma philosophie c’est d’abord : un, il est nécessaire de montrer qu’on s’informe et qu’on se forme tout au long de la vie, deux, il ne faut pas construire une usine à gaz parce que nous avons besoin de rendre aux médecins du temps médical et trois, qu’elle évalue bien ce qu’elle doit évaluer » explique-t-elle.
Patrick Bouet, quant à lui, veut rassurer sur le possible aspect couperet de cette recertification et préfère présenter la mesure comme un outil de dynamisation de carrière. « Un professionnel qui maintient sa compétence et qu’il l’améliore, doit pouvoir en avoir un bénéfice dans sa carrière » avance-t-il.
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