France Assos Santé, regroupant plus de 80 associations de patients, a formulé 94 propositions dans le cadre du Ségur de la santé. Si depuis un mois les syndicats de praticiens hospitaliers et libéraux débattent sur l'avenir du système de santé, les patients veulent aussi avoir voix au chapitre. D'autant plus que les négociations prennent fin officiellement cette semaine pour aboutir à un plan mi-juillet.
Lutter contre le renoncement aux soins
Sur le volet social, les patients proposent d'adosser l'aide médicale d'État (AME) au régime général de l'Assurance-maladie. Selon eux, la crise sanitaire a accentué les inégalités d'accès aux soins. « Les sites d'accueil du public étant fermés pendant la période de confinement, il n'était pas possible de déposer un dossier de demande d’AME ou de remettre les cartes AME aux personnes », signale France Assos Santé. Fin 2019, l'ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, songeait d'ailleurs à réviser les modalités de l'AME.
Elle suggère également l'accès à un nouveau type de complémentaire santé plus « juste » basée sur les ressources et non plus sur l'âge des patients. Une enquête de l'UFC-Que-Choisir publiée en février 2020 pointait une inflation des tarifs de l'ordre de 5 %. Ici, les patients estiment que le dispositif serait financé par la contribution des assurés eux-mêmes et calculée en fonction de leurs revenus et des aides publiques (État, Assurance maladie, collectivité locale).
France Assos Santé a aussi des doléances sur le reste à charge. Malgré la réforme du « 100 % santé », l'association souhaite aller plus loin en supprimant les dépassements d’honoraires, le ticket modérateur ou encore les franchises médicales pour les personnes en ALD. Elle propose également d'assouplir les conditions de prescription des transports sanitaires, sources de reste à charge auprès des personnes les plus vulnérables et d'évaluer les pratiques des établissements concernant l’organisation des transports sanitaires. Dans une enquête menée fin 2019, les usagers ont montré qu'il existe un reste à charge invisible de 1 000 euros par an en moyenne pour les patients vulnérables
Meilleure organisation des soins et de la coordination
Côté organisation de soins, les patients suggèrent d'intégrer sur santé.fr (actuellement dédiée à l'info Covid-19) des guides simples d’orientation sur le parcours de soins, l'offre de soins disponibles autour de chez soi ainsi que des données sur la qualité et la sécurité des établissements (MCO, SSR, premiers recours et médico-sociaux). Ils demandent par ailleurs que l'expérience patient, une notion encore trop flou dans les établissements soit pris en compte comme indicateur dans la qualité de prise en charge des soins.
France Assos Santé revient aussi à la charge avec le déploiement du service d'accès aux soins (SAS), une plateforme, accessible 24 heures sur 24 en ligne ou par téléphone pour informer et orienter les patients. Porté par Agnès Buzyn et attendu normalement avant l'été, il a totalement été abandonné avec la crise du Covid-19.
Sur la coordination, ils se prononcent enfin en faveur d'une « lettre d'entrée » rédigée par les praticiens de ville aux services hospitaliers avant une hospitalisation. À l’inverse, la lettre de liaison de sortie doit être systématique afin d'assurer une meilleure prise en charge par la suite par les médecins de ville. L'alimentation obligatoire du DMP apparaît aussi dans la liste de doléances tout comme le déploiement d'une messagerie sécurisée pour les patients.
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