C’est un point faible. Les méthodes d’évaluation des interventions non-médicamenteuses font débat quant à leur fiabilité. Doivent-elles se calquer sur le modèle en trois phases qui mène à l’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un médicament, ou bien doivent-elles opter pour une approche qualitative ? Cette question était au centre d’un congrès organisé fin mars à Montpellier par le Centre d’évaluation des programmes de prévention santé et des interventions non médicamenteuses (CEPS), créé par des universitaires montpelliérains en 2011.
« C’est vrai, il n’y a pas encore de paradigme méthodologique. Toutes les interventions non médicamenteuses ne se valent pas en termes de bénéfice pour la santé et de coût/efficacité, c’est pourquoi il faut installer un cadre de recherche clinique », plaide Grégory Ninot, professeur des universités travaillant sur la question. Selon lui, comme pour le Pr Jacques Bringer, endocrinologue doyen de la faculté de Médecine de Montpellier, « le bon terrain d’études est celui des maladies chroniques car dès que l’on est dans la durée, la médecine ne peut suffire. »
Cancer du colon et exercice physique
Afin de faire évoluer la connaissance et les standards en vigueur, université et Institut du Cancer montpelliérains sont, en concertation avec le CHU et les laboratoires INSERM locaux pour une collaboration renforcée avec cette plateforme méthodologique, que le Pr Ninot définit comme « une forme de think-tank » au sein duquel les acteurs publics de la santé de la capitale languedocienne pourront trouver appui.
Ainsi, cette plateforme recense-t-elle déjà plusieurs études et protocoles d’études publiés sur le sujet. Tel ce projet international mené depuis Edmonton (Canada) par le Dr Kerry Courneya avec le concours d’hôpitaux anglais, australiens, israéliens, et l’Institut du Cancer de Montpellier. L’étude propose d’étudier, sur dix ans, le cas de 945 patients atteints d’un cancer du colon, sur le critère de la durée de vie. Tirée au sort, la moitié des patients se voit prescrire un programme d’exercice physique en sus de ses traitements, tandis que l’autre moitié bénéficie du traitement standard - les patients observés en France bénéficiant tous du programme d’activité physique complémentaire.
Éducation thérapeutique
Un suivi sur dix ans que ne permet cependant pas l’évaluation de certaines thérapies admises comme jouant un rôle d’amplificateur vertueux, tels que les « serious games » utilisés en rééducation pour les patients atteints par la maladie d’Alzheimer. Difficile en effet d’imaginer une décennie d’études sur l’efficience d’un jeu alors même que la technologie par laquelle il est développé n’existera sans doute plus à cette échéance.
Malgré la difficulté de mener des études sur l’efficacité de l’éducation thérapeutique, l’équipe de Grégory Ninot veut croire qu’à force d’essais, une méthode peut se dégager. Ainsi, un article publié par son équipe dans Respiratory Medicine* en 2011, avait montré l’efficacité médico-économique d’un programme d’éducation thérapeutique mené sur 38 patients du CHU de Montpellier atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Les travaux avaient ainsi prouvé après un an que les améliorations apportées par ce programme avaient permis une « diminution des traitements médicamenteux non programmés de l’ordre de 481 euros par an et par patient. » Un bénéfice économique à mettre en miroir avec la constatation que l’éducation thérapeutique n’avait pas permis de « modifier le nombre ou la durée des hospitalisations. »
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