Vaccins VRS : l’Académie de médecine réclame le remboursement effectif chez les personnes âgées

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Publié le 03/04/2026

Malgré un avis favorable de la Haute Autorité de santé (HAS), les trois vaccins approuvés dans l’UE contre le virus respiratoire syncytial (VRS) ne sont pas remboursés pour l’heure en France. Une situation que déplore l’Académie de médecine, appelant à un accord avec les laboratoires.

Crédit photo : PHANIE

Alors que la vaccination contre le virus respiratoire syncytial (VRS) est recommandée chez les personnes âgées, l’Académie nationale de médecine appelle à une accélération des négociations sur le remboursement. La Haute Autorité de santé (HAS) a rendu un avis favorable depuis 2024 à une prise en charge pour les personnes de 75 ans et plus et les 65 ans et plus présentant des pathologies respiratoires ou cardiaques chroniques, sans que l’accès soit ouvert faute d’accord sur les prix.

Si l’incidence du VRS dans les populations âgées et vulnérables est « mal connue et probablement sous-estimée en France », l’infection à VRS entraîne au Royaume-Uni plus de 8 000 décès par an, dont 93 % chez les personnes de 65 ans et plus, rappelle l’Académie, dans un communiqué. Au-delà de la phase aiguë, l’infection à VRS est associée à un risque accru de complications, notamment cardiovasculaires, ce qui peut « aggraver ou précipiter une perte d’autonomie et une augmentation des incapacités fonctionnelles chez les personnes âgées », est-il ajouté.

Une baisse des risques de plus de 80 %

La vaccination permet pourtant de réduire ces risques : des reculs de 82 à 95 % des passages aux urgences, des hospitalisations et des formes graves ont été observés chez les plus de 75 ans, avec une efficacité persistante pendant au moins 3 ans.

Trois vaccins sont approuvés dans l’UE : le vaccin adjuvanté de GSK, Arexvy ; celui de Pfizer (non adjuvanté), Abrysvo ; et celui à base ARNm de Moderna, mResvia. Tous ont reçu un avis favorable au remboursement dans les indications définies en 2024. Mais, « en l’absence d’accord sur leur prix entre les laboratoires et le Comité économique des produits de santé », aucun n’est encore remboursé. « La conséquence en est que la couverture vaccinale des seniors reste très faible, bien inférieure à celle pour la grippe ou le Covid-19 », déplore l’Académie.

Pour dépasser ce blocage, l’instance appelle à un « accord avec les laboratoires concernés » pour acter un remboursement chez les personnes de plus de 75 ans et les sujets immunodéprimés, notamment les patients greffés. Elle plaide aussi pour une information grand public sur la fréquence et la gravité de l’infection à VRS chez les personnes âgées et fragiles, mais aussi en faveur d’une meilleure documentation de l’incidence en France. « Le retard de mise en œuvre de ces mesures constitue un enjeu majeur pour la santé publique », est-il estimé.


Source : lequotidiendumedecin.fr
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