Alors que se tient jusqu'au 12 décembre à Dubaï la 28e conférence internationale des Nations unies sur le changement climatique (COP28), le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars) décrit dans un article la mise en œuvre de l'approche One Health au cœur même de son travail, depuis sa création en décembre 2022 dans l'Hexagone. Les auteurs plaident pour que ce modèle fasse école dans les ministères et les organismes de recherche. Leur point de vue a été publié le 21 novembre dans Nature communications.
Le concept One Health (« Une seule santé »), mis en avant lors de l'épidémie de Covid-19, repose sur l'intégration de l'étude des santés humaine, animale, végétale et de l'environnement, ainsi que de leurs interactions. « La pandémie avait démontré le besoin pour une approche holistique de l'anticipation et la gestion des crises sanitaires », explique les membres du Covars dans un commentaire.
Les 16 experts qui composent le Covars viennent de spécialités variées, de l'épidémiologie à l'entomologie, de la virologie à la médecine d'urgence, sans oublier la vaccinologie, la microbiologie vétérinaire, l'écologie, la sociologie ou encore la politique de santé.
Le Covars a également inclus trois représentants d'associations de patients et consulte des personnes compétentes en démocratie sanitaire, santé communautaire ou encore gestion des maladies émergentes. L'approche One Health est aussi symbolisée par la double tutelle ministérielle, de la Santé et de la Prévention d'une part et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche d'autre part, avec la collaboration des ministères de l'Agriculture, de la Transition écologique, des Affaires étrangères et de l'Intérieur.
Dix rapports en un an
Le Covars a publié à ce jour 10 rapports ou recommandations, portant par exemple sur le Covid-19, l'épidémie de mpox ou encore les vaccins à ARNm. Sept de ces rapports ont été produits sur demande du gouvernement, trois étaient des autosaisines. Le plus récent, rendu public il y a trois semaines, est un avis brocardant la prise en charge du Covid long.
Dans un autre rapport sur les maladies vectorielles (Zika, chikungunya, dengue, etc.), le Covars s'était appuyé sur des données environnementales et entomologiques pour évaluer l'augmentation du risque d'épidémie lié au changement climatique.
Pour le Covid-19, le Covars avait recommandé mettre en place une surveillance des variants dans des réservoirs animaux tels que les visons, les daims ou les hamsters, où le virus circule intensivement. De même, le comité était en mesure d'analyser les risques d'émergence du mpox en fonction du type d'habitat et de cohabitation entre l'animal réservoir et l'homme : sporadique (écureuil, marmotte…) ou fréquent et prolongé (animal de compagnie, zoo…).
« Il reste encore beaucoup à faire pour renforcer l'efficacité et la transparence des interactions entre les décideurs politiques, les citoyens et les scientifiques », expliquent les membres du Covars dans leur article. Plusieurs de leurs rapports ont identifié des faiblesses dans la réponse politique aux crises : lourdeurs administratives qui ralentissent les collaborations et financements pérennes insuffisants pour la recherche One Health.
« Il y a aussi le manque d'interconnexion entre les bases de données de différentes origines, et le manque de recherche en sciences sociales ou encore la difficulté d'évaluer les recherches multidisciplinaires », soulignent-ils.
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