Lorsque la lombalgie commune dure au moins 3 mois, elle devient chronique. Une situation qui devrait être évitée car la lombalgie commune bien traitée est une pathologie réversible. Elle exclut tout type d’affection générale (tumorale, infectieuse, inflammatoire ou vasculaire) et de lésion ostéo-articulaire locale sévère : hernie discale majeure ou fracture osseuse.
Elle nécessite, avant tout, des thérapeutiques orthopédiques, médicales. L’entrée dans la lombalgie commune chronique, le plus souvent aiguë, est plus ou moins intermittente. « 70 % des lombalgies communes se résolvent spontanément, sous huit jours. Parmi les 30 % restant, la moitié se résout dans les 10 jours suivant. Il en reste 15 %, où se trouvent les futurs lombalgies chroniques », affirme le Dr Norbert Teisseire, rhumatologue à Angers, membre et ancien président de la Société française de médecine manuelle orthopédique et ostéopathique (SOFMMOO).
Traiter la lombalgie sous 3 semaines
Lors du premier épisode de lombalgie, le médecin généraliste prescrit des antalgiques, un repos relatif et assez bref de 3 à 5 jours en moyenne (selon l’état de santé, l’âge, le mode de vie) ainsi qu’un arrêt de travail lorsque le contexte professionnel est à risque.
« Si, au 10e jour, la douleur persiste, la prise en charge nécessite une anamnèse et la programmation d’un examen clinique approfondi. Par ailleurs, quoi qu’il arrive, le patient doit être revu et réexaminé entre le 15e et le 20e jour de lombalgie. Un patient dont le diagnostic n’est pas établi à 3 semaines est un candidat désigné pour la chronicité », insiste le Dr Teisseire.
Si le patient continue à souffrir, après plus de 10 jours de repos relatif et de traitement antalgique, le médecin doit procéder à un examen complet (postural, neurologique, radiologique) et interroger le patient sur ses conditions de vie pour dépister d’éventuels facteurs psychosociaux pouvant expliquer les douleurs.
À ce moment-là, le médecin doit pouvoir effectuer le diagnostic topographique et déterminer de façon précise le segment du rachis à l’origine de la douleur du patient. Il doit, par ailleurs, repérer d’éventuels facteurs d’entretien de la lombalgie pouvant mener à sa chronicité, tels que les facteurs posturaux (pieds déformés, inégalités des membres inférieurs, raideur sous pelvienne d’origine musculaire…).
« Un médecin généraliste formé au dépistage, au diagnostic et au traitement de la lombalgie doit pouvoir résoudre cette pathologie dans les 3 semaines après la première consultation de son patient », souligne le Dr Teisseire.
L'apport de la médecine manuelle
De 10 à 15 jours après la consultation initiale, un traitement mécanique doit être mis en route. « Dans l’idéal, le généraliste doit être formé aux techniques manuelles (manipulation, mobilisation et techniques d’harmonisation musculaire). Si ce n’est pas le cas, il peut confier son patient à un confrère diplômé en médecine manuelle orthopédique et ostéopathique ou à un kinésithérapeute afin de procéder à une rééducation personnalisée du patient. Lorsque la rééducation ne permet pas d’améliorer l’état du patient, le généraliste doit remettre en question le diagnostic initial de lombalgie ou passer la main à un médecin spécialiste », confie le Dr Teisseire. Une lombalgie commune – correctement diagnostiquée – non réglée sous 3 semaines peut nécessiter des adaptations de la prise en charge par le kinésithérapeute, l’introduction de traitements tels que les infiltrations (lorsque la lombalgie a une origine inflammatoire), le dry needling (piqûres musculaires à l’aiguille sèche) ou la mésothérapie.
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024