La formulation est explicite : « Le parlement ne s'oppose pas à la nomination de M. Pierre Coppey, proposée par le président de la République aux fonctions de contrôleur générale des lieux de privation de liberté », selon le communiqué de la commission des lois de l'Assemblée nationale le 4 novembre. Après le vote des commissions des lois du Sénat et de l'Assemblée nationale, le résultat est significatif du peu d'enthousiasme chez les parlementaires : alors qu'il fallait 54 voix sur 89 suffrages exprimés (5 blancs) pour que la nomination soit refusée, le nombre de votes contre a recueilli 49 voix versus seulement 40 pour.
Dominique Simonnot avait récemment alerté sur les graves défaillances en matière de prévention et de prise en charge des décès en prison. « Plusieurs centaines de personnes meurent chaque année en France dans un lieu privatif de liberté, sans que leur nombre exact soit connu », avait-elle déclaré le 25 septembre dernier. Elle avait également dénoncé un taux de suicide en détention parmi les plus élevés d’Europe.
Président depuis près de trente ans de l'association Aurore, qui accompagne des personnes en situation de précarité, de handicap ou en rupture d'emploi, des victimes de violences et des personnes en souffrance psychique, Pierre Coppey a aussi présidé Vinci Autoroutes.
Conflits d'intérêts ou pas ?
Plusieurs députés ont d'ailleurs pointé des risques de conflits d'intérêts avec ce secteur. Mais interpellé par les parlementaires sur ce sujet lors des auditions, Pierre Coppey a alors répondu qu'à « aucun moment de [sa] vie », il n'avait eu affaire « de près ou de loin à des constructions, ni de bâtiments ni d'établissements pénitentiaires ». Il a signalé avoir quitté il y a deux ans la présidence du pôle du groupe spécialisé dans la concession et l'exploitation d'infrastructures autoroutières et a rappelé que sa nomination sera examinée par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Il a également fait remarquer que le CGLPL n'est pas maître d'ouvrage, et a défendu la diversité de son parcours comme « un atout ». Il a assuré qu'il aurait une liberté de parole et une indépendance totales dans ses nouvelles fonctions.
Surdensité carcérale
Pierre Coppey prend la relève d'une fonction où la France présente le pire bilan européen concernant la densité carcérale, avec la Turquie, avec 131 personnes détenues pour 100 places disponibles seulement, selon le rapport 2025 du Conseil de l'Europe. Ce problème ne cesse de s'aggraver puisqu'au 1er septembre 2026 les prisons françaises comptent 90 020 détenus pour 63 348 places, du jamais-vu, comme chaque mois.
Avec AFP
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