Saisie par le ministère de la Santé dans le contexte de saturation hospitalière, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié des recommandations portant sur l'oxygénothérapie à domicile des patients Covid-19.
La HAS définit deux situations éligibles à l'oxygénothérapie à domicile. La plus fréquente concerne des patients hospitalisés et dont l’état de santé rend possible un retour à domicile avec un apport en oxygène.
De façon « exceptionnelle », la HAS ouvre également l'oxygénothérapie à domicile à des malades qui n'ont pas été hospitalisés mais dont l’état de santé permet une prise en charge initiale à domicile.
Dans tous les cas, les besoins en oxygène (O2) doivent être inférieurs à 4 l/min et l'objectif est de maintenir une saturation sanguine en oxygène (SpO2) supérieure à 92 %. Tous les patients pris en charge à domicile requièrent « une anticoagulation prophylactique (pendant 7 à 10 jours) et des corticoïdes faible dose (dexaméthasone 6 mg/jour ou équivalent pendant 5 à 10 jours) », détaille la HAS.
Présence permanente d'un tiers
La HAS recommande de ne pas proposer l'oxygénothérapie à domicile dès la présence : d'un critère d'exclusion majeur (pathologie chronique non stabilisée, obésité morbide, grossesse) ou de deux critères mineurs (âge > 70 ans, pathologie cardiovasculaire, cirrhose non décompensée, diabète équilibré).
La coordination entre ville et hôpital fait intervenir « un médecin généraliste pour la coordination de la prise en charge, un infirmier pour la surveillance et la dispensation des médicaments et un kinésithérapeute », ainsi qu'un prestataire d’oxygénothérapie à domicile.
Le patient « doit être autonome, disposer d’un domicile salubre, avec la présence permanente d’un tiers, être situé à moins de 30 minutes d’un établissement de santé de référence disposant d'une structure d'urgence ou d'un SMUR de proximité », est-il indiqué.
La sécurité du patient doit être surveillée en permanence par un tiers, et, si possible, via un système de télésurveillance. Des signes d’alerte, comme un débit d'oxygène supérieur à 3 l/min avec désaturation en quelques heures ou bien l'absence d'amélioration après 72 heures, « doivent conduire l’équipe intervenant à domicile ou le patient et son entourage à contacter sans délai le SAMU ou l’unité d’hospitalisation de référence ».
Haut débit nasal à l'hôpital
À l'hôpital, l’oxygénothérapie à haut débit (OHD) voit son utilisation élargie pour les patients Covid en détresse respiratoire, même si les sociétés savantes, en France comme à l’étranger, ne se sont pas prononcées sur son utilisation dans ce contexte, notamment en raison d’un risque d’aérosolisation de particules virales.
Ce n'est que depuis le 13 novembre que la Direction générale de la santé (DGS) recommande l'OHD en cas d'infection à SARS-CoV-2. « Depuis la première vague du printemps, les données sur le risque de dissémination de bioaérosols (...) ont permis de repositionner la technique à la phase aiguë (...) mais aussi en aval d'un épisode de ventilation mécanique invasive en réanimation », a tranché l'autorité sanitaire.
Pour le patient, la technique permet ainsi à la fois « un soulagement de la dyspnée, une amélioration de l'oxygénation, une réduction du travail respiratoire et du recours à l'intubation ainsi qu'une réduction de la mortalité », résume le Pr Jean-Damien Ricard de l’hôpital Louis Mourier à Colombes (Hauts-de-Seine) qui a coordonné une étude déterminante à l'AP-HP (1).
« Cette prise en charge non invasive, lorsqu'elle est un succès, est susceptible de réduire la durée de séjour en soins critiques et à l'hôpital. La technique de haut débit nasal est susceptible d'être mise en œuvre dans les unités de soins intensifs Covid permettant d'envisager une diminution de la pression sur les unités de réanimation Covid », approuve la DGS.
(1) N Zucman et al. Intensive Care Med, 2020. doi.org/10.1007/s00134-020-06177-1
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