Un sommeil de qualité est indispensable au bon développement physiologique et cérébral de l'enfant. Une enquête menée par l'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) et la MGEN met en exergue l'importance d'informer les parents mais aussi les enfants sur les bénéfices, en termes de santé, d'une hygiène de sommeil correcte.
Des durées moyennes de sommeil de 12 heures pour un enfant de 3 à 5 ans ; 11 heures de 5 à 6 ans et 10 à 11 heures entre 7 et 12 ans, sont recommandées. Le rôle des parents est essentiel pour favoriser une bonne hygiène de sommeil chez l'enfant et mettre en place des mesures adaptées en cas de difficultés d'endormissement ou de réveils nocturnes persistants.
D'après une enquête menée cette année par l'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) et la MGEN auprès de 1 015 parents d'enfants de 6 mois à 10 ans, ces derniers accordent une importance croissante au sommeil de leur(s) enfant(s). Près de 8 parents sur 10 effectuent un rituel pour le coucher : câlins, lecture ou écoute d'une histoire… Ce rituel dure, en moyenne, 20 minutes.
Des troubles du sommeil fréquents
Par ailleurs, quand les parents dorment mal, les enfants se retrouvent souvent dans la même situation. D'après l'étude, un parent sur deux présente des troubles du sommeil. Parmi ces personnes, un tiers déclare que leur enfant souffre également de ce type de problèmes. « Les troubles du sommeil concernent un quart des enfants : les cauchemars sont notamment plus fréquents qu'à l'âge adulte, souligne la Pr Patricia Franco, responsable de l'unité de sommeil pédiatrique aux Hospices civils de Lyon (HCL). Environ 6 % des enfants ont des ronflements avec une apnée du sommeil. Les parents doivent être vigilants face à ces symptômes : un enfant qui ronfle plus de 3 fois par semaine pendant plus de 3 mois doit être vu par un médecin. L'apnée du sommeil a des répercussions sur la croissance et sur l'évolution cognitive de l'enfant. Or un quart des parents ne parlent jamais à leur médecin des troubles du sommeil de leur(s) enfant(s). »
L'impact délétère des écrans
Des facteurs exogènes peuvent altérer la qualité du sommeil. La présence excessive des écrans (tablettes, smartphones, télévision…), notamment le soir, est très délétère. Souvent, le coucher est plus tardif et les jeunes sont fatigués le matin. L'impact est encore plus important quand les enfants s'endorment dans une pièce avec un écran allumé. Or 66 % des enfants de moins de 3 ans ont accès aux écrans. En moyenne, les enfants les regardent entre 17 heures et le coucher : 1 heure 15 par jour en semaine et 1 heure 52, le week-end. « Quelque 20 % des parents ne surveillent ni la durée, ni le contenu des messages délivrés par les écrans. Et 60 % d'entre eux regardent aussi les écrans dans leur chambre, au moment du coucher », déplore la Pr Franco.
Informer les parents sans les juger
Le temps de sommeil des enfants est, globalement, insuffisant : 76 % des enfants de moins de 3 ans ne dorment pas assez, ce qui peut impacter leur croissance. Et 12 % des enfants s'endorment en dehors de leur lit (dans un cosy, dans les bras ou dans le lit de leurs parents) favorisant ainsi les réveils nocturnes.
Pour la Pr Marie-Rose Moro, directrice de la Maison de Solenn à Paris, « certaines habitudes peuvent être liées à des questions sociales, culturelles (co-sleeping, par exemple). Il faut informer les parents sur les mesures d'hygiène de sommeil avec bienveillance et sans les juger. Souvent, un compromis peut être trouvé entre leurs façons de faire et les recommandations officielles ». Enfin, le médecin peut également informer directement l'enfant, lorsqu'il est en âge de comprendre les bénéfices d'une bonne qualité de sommeil sur sa santé. Des ateliers pourraient être également menés à l'école.
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