Infections ORL récidivantes

Une étape obligatoire

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Publié le 14/09/2017
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Crédit photo : PHANIE

Rhinopharyngites et angines touchent très souvent les enfants de moins de 6 ans. On parle de formes récidivantes à partir de six épisodes annuels. Les complications otologiques aiguës (OMA) ou chroniques (OSM) sont également fréquentes.

Les facteurs favorisants sont bien connus, souvent associés entre eux : tabagisme parental, pollution, allaitement < 6 mois, RGO à expression pharyngée, vie en collectivités (crèche, école), déficits immunitaires, carence martiale, carence en certains oligo-éléments (Zn notamment). Le rôle d’un terrain atopique est discuté. L’atopie favoriserait plutôt la durée des infections. Il faut enseigner la patience aux parents et leur expliquer qu’il s’agit le plus souvent d’une « maladie d’adaptation » c’est-à-dire une pathologie naturelle qui correspond à la période d’acquisition de l’immunité propre de l’enfant les premières années de sa vie, lorsqu’il se trouve en contact des antigènes viraux et bactériens de l’environnement. Les anticorps maternels ayant disparus. L’évolution de ces infections ORL récidivantes se fait progressivement vers la guérison dans la grande majorité des cas.

Désinfection rhino-pharyngée

La prise en charge des rhinopharyngites repose avant tout, sur le maintien d’une bonne hygiène nasale. La désinfection rhino-pharyngée avec des solutés d’eau de mer (de préférence au sérum physiologique) de façon pluriquotidienne est recommandée. Il faut également essayer de prévenir ces infections récidivantes, en éliminant dans la mesure du possible, les facteurs favorisants. En cas de reflux, on appliquera les règles hygiéno-diététiques conseillées. Dans les formes très invalidantes, on procédera à un examen plus poussé. Les infections ORL récidivantes de l’enfant peuvent répondre à de nombreuses étiologies. Certains examens biologiques seront demandés en vue de rechercher une allergie ou une carence martiale : NFS, typage lymphocytaire, fer sérique et ferritine, dosage pondéral des immunoglobulines A, G, M, E avec dosage des sous-classes (IgG2, IgG4). La carence martiale altère les défenses immunitaires. Elle se rencontre dans certains cas : prématurités, régime insuffisamment diversifié, diarrhée chronique… Un traitement supplétif en fer sera proposé.

Un examen ORL approfondi

Dans les formes avec pathologie otologique associée ou obstruction nasale, il faut adresser l’enfant à un ORL pour une évaluation des végétations adénoïdiennes en vue d’une adénoïdectomie. Une nasofibroscopie peut être réalisée. Elle permet un bilan anatomique précis de l’atteinte ORL, appréciant le degré de l’atteinte muqueuse et son extension et le degré d’obstruction. La radiographie du cavum n’est pas recommandée car peu précise : nombreux faux négatifs ou faux positifs. De plus, elle est irradiante et n’apprécie pas l’état du voile (en particulier la recherche d’une division sous-muqueuse). Face à des angines à répétition, c’est souvent la question de l’amygdalectomie qui se pose. Son champ d’application est désormais bien circonscrit. Dans les indications infectieuses, elle peut être proposée (recommandations SFORL) dans trois situations : amygdalite aiguë récidivante (au moins 3 épisodes infectieux par an pendant 3 ans ou 5 épisodes par an sur 2 ans selon les recommandations de l’AFSSAPS ; amygdalite chronique (signes inflammatoires locaux, douleurs pharyngées, halitose, aspect inflammatoire des amygdales) et régionaux (adénopathies cervicales) persistant au moins 3 mois, ne répondant pas au traitement médical ; abcès périamygdalien récidivant.

Christine Fallet

Source : Le Quotidien du médecin: 9601