Mercredi 23 janvier, le Sénat a adopté la proposition de loi de l'Assemblée nationale sur la santé visuelle des personnes âgées en perte d'autonomie. Expérimentée pendant trois ans dans quatre régions de France, cette loi permettra aux opticiens-lunetiers de réaliser directement une réfraction aux personnes âgées vivant en EHPAD et d'adapter les prescriptions initiales de verres correcteurs, afin de s'assurer que leur vue est correctement corrigée.
De fait, en novembre 2018, une étude de l'université bordelaise, menée à partir d'une cohorte de 700 personnes, montrait que 40 % des personnes âgées de plus de 78 ans avaient une vue mal corrigée.
Le rapport de la vice-présidente de la Commission des affaires sociales, la députée Élisabeth Doineau (UC), identifie plusieurs raisons à cette mauvaise correction : le renoncement au soin visuel, le difficile accès aux ophtalmologues, avec un délai d'attente de 52 jours en moyenne pour obtenir un rendez-vous et le coût élevé de l'accès aux soins. « Plus d'un ophtalmologiste sur deux est désormais installé en secteur 2, avec une tendance à la hausse (les deux tiers des installations constatées sont en secteur 2), observe le rapport. Il faut noter l'importance des dépassements d'honoraires qui atteignent en moyenne 57 % des tarifs opposables. »
Le rapport cite ainsi une étude de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) selon laquelle « le renoncement au soin visuel, qui touche 30 % des patients, s'explique pour 17 % par la longueur des délais, pour 10 % par le coût trop élevé et pour 3 % par l'éloignement du médecin ».
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