Dans le jeûne intermittent, l’espacement des heures de repas est une piste pour améliorer la santé cardiométabolique. Des chercheurs de Chicago viennent d’évaluer avec succès une stratégie consistant à laisser le patient fixer le début de sa période de jeûne, avec pour seul impératif de ne plus rien avaler au moins 3 heures avant son heure de coucher.
« Les approches existantes de restriction des heures de repas proposent soit des fenêtres de jeûne très rigides et prolongées, ou au contraire laissent le patient décider de sa fenêtre de jeûne sans préciser quelle doit être sa durée en fonction de l’heure de coucher », critiquent les chercheurs. Or, le sommeil est une période déterminante pour la régulation cardiométabolique. Avec une approche personnalisée alignant la période de jeûne avec le rythme circadien, l’équipe espère potentialiser les effets cardiovasculaires attendus du jeûne.
Une durée totale de 13 à 16 heures
Les auteurs ont publié les résultats de leur étude randomisée dans la revue Arteriosclerosis, Thrombosis and Vascular Biology, éditée par l’Association américaine de cardiologie (AHA/ASA). Ils ont recruté 39 adultes obèses ou en surpoids (des femmes dans 80 % des cas), dont la moitié devait jeûner au moins 3 heures avant d’aller se coucher (pour une durée totale de jeûne de 13 à 16 heures) et l’autre suivre un jeûne nocturne habituel entre 11 et 13 heures. Tous les participants tamisaient la lumière pendant les 3 heures qui précèdent l’heure du coucher, et la durée totale de suivi était de 7 semaines et demie.
Comparés au groupe contrôle, les patients avec une durée étendue de jeûne nocturne présentaient une baisse prononcée de la pression diastolique nocturne (- 3,5 %) et de leur rythme cardiaque (- 5 %), toutefois sans amélioration nette de leur sensibilité à l’insuline. Plusieurs critères secondaires étaient améliorés : la régulation cardiométabolique nocturne, le test de tolérance au glucose oral et l’indice insulinique.
L’autre élément encourageant était le taux d’adhésion de 90 % des patients. « Parvenir à synchroniser la fenêtre de jeûne avec le rythme naturel de sommeil du corps peut améliorer la coordination entre le cœur, le métabolisme et le sommeil, qui travaillent de concert pour protéger la santé cardiovasculaire », affirme le Dr Daniela Grimaldi, premier auteur de l’étude et neurologue au département de médecine du sommeil à la faculté Feinberg (Northwestern University, Chicago). Les chercheurs vont maintenant s’appuyer sur ces données pour mettre sur pied une étude multicentrique de plus grande envergure.
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