Le tramadol est, aujourd'hui, l'antalgique opioïde le plus consommé en France, suivi de la codéine en association et de la poudre d'opium associée au paracétamol. Viennent ensuite la morphine et l'oxycodone (presque autant consommé que la morphine), puis le fentanyl transdermique et transmuqueux à action rapide.
Entre 2006 et 2017, la prescription d'opioïdes forts a augmenté d'environ 150 % : l'oxycodone est celui dont l'augmentation est la plus importante. Quant à la consommation globale des opioïdes faibles, elle reste stable. Néanmoins, la prescription de tramadol -antalgique opioïde le plus consommé (forts et faibles confondus)- présente une augmentation de plus de 68 % entre 2006 et 2017.
L'intérêt des opioïdes dans la prise en charge de la douleur reste incontestable. Mais le risque de dépendance primaire au traitement -et de détournement de son indication initiale- est réel. Dans un rapport publié récemment, l'ANSM observe « une augmentation du mésusage, ainsi que des intoxications et des décès liés à l'utilisation des antalgiques opioïdes, qu'ils soient faibles ou forts. Cependant, la situation n'est pas comparable avec celle observée aux États-Unis et au Canada ». En France, le nombre d'hospitalisations liées à la consommation d'antalgiques opioïdes obtenus sur prescription médicale a augmenté de 167 % entre 2000 et 2017, passant de 15 à 40 hospitalisations pour un million d'habitants. Le nombre de décès liés à la consommation d'opioïdes a augmenté de 146 %, entre 2000 et 2015, avec au moins 4 décès par semaine.
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