En cette année de grande cause mentale, c’est au tour du Conseil économique, social et environnemental (Cese) de tirer la sonnette d’alarme et de proposer son ordonnance pour lutter contre le mal-être croissant des jeunes. Avec une particularité : son avis adopté ce 14 octobre a été élaboré en associant un panel de 20 jeunes âgés de 12 à 18 ans, issus de tous les types de territoires (urbains, périurbains, ruraux), qui s’est réuni pour dresser un constat et proposer des solutions. « Les enfants et les jeunes ont un droit d’expression et de participation, ils ont leur mot à dire sur toutes les politiques qui les concernent », défend le Cese, pour qui c’est une première.
« L’heure n’est plus aux constats mais à la recherche de solutions », lit-on dans ce document, alors qu’au collège et au lycée, plus d’un élève sur deux exprime un mal-être récurrent, et un lycéen sur quatre déclare avoir eu des pensées suicidaires au cours de l’année. Or sept sur dix de ces jeunes en difficulté n’en ont pas parlé. Le Cese met l’accent sur l’importance des moyens et demande de former et recruter des pédopsychiatres massivement. Il réitère « son attachement à la psychiatrie sectorisée » et plaide pour intégrer systématiquement un volet « Santé mentale des enfants et des adolescents » dans les projets territoriaux de santé mentale (PTSM) et conseils locaux de santé mentale (CLSM). Le Cese va jusqu’à demander des objectifs chiffrés et des quotas de psychiatres et psychologues conventionnés devant exercer dans les territoires ruraux et ultramarins où le manque d’offre de secteur 1 est identifié.
Le Cese insiste aussi sur les rôles du médecin généraliste, qui peut apparaître comme moins stigmatisant et plus accessible, les infirmiers en pratique avancée, et les médecins, infirmiers et psychologues scolaires, dont il faut revaloriser les rémunérations, estime-t-il.
Il suggère aussi, pour mieux prévenir, de développer des formations pour les adultes encadrant les jeunes, comme les « premiers secours en santé mentale » (PSSM), et les modules consacrés aux compétences psychosociales.
Pas de téléphone la nuit, un contrôle plus qu’une interdiction du numérique
Alors qu’en moyenne, les 7-19 ans consacrent plus de trois heures par jour aux écrans, en dehors du temps scolaire, le Cese appelle à réguler et contrôler, plutôt qu’à interdire, ce qui passe par une éducation au numérique des jeunes et de leurs parents.
Il propose aussi un couvre-feu numérique pour les mineurs de 22 heures à 8 heures et une généralisation de la « pause numérique » à tous les établissements de la maternelle au lycée, ainsi qu’un renforcement de la responsabilité des plateformes. Des propositions qui rejoignent peu ou prou celles de la commission d'enquête parlementaire sur TikTok, qui préconisait en septembre d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, d’instaurer un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans, de créer un délit de négligence numérique pour les parents et de lancer une campagne d’information sur les risques liés à leur utilisation.
Enfin, le Cese plaide pour revoir les rythmes scolaires jugés trop soutenus, alors que plus d’un adolescent sur quatre voit l’école comme une source d’angoisse. Une organisation par demi-journée (cours le matin et activités physiques l’après-midi) pourrait être testée.
Alors que l'avis est transmis au gouvernement, les jeunes espèrent être entendus et ne pas être vus « comme des personnes capricieuses dès qu'il y a un truc qui ne va pas dans notre sens », a indiqué à l’AFP Shanice, 18 ans et membre du panel.
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