On en sait encore assez peu sur les séquelles à long terme des infections par le SARS-CoV-2, et il est encore délicat de définir précisément le « Covid long ». L’étude de cohorte prospective Comebac (pour COnsultation Multi-Expertise de Bicêtre Après Covid-19) menée à l’hôpital Bicêtre (AP-HP) et publiée dans le « JAMA » apporte un nouvel éclairage. Il apparaît que les symptômes à distance d’une infection au coronavirus sont variés et concernent plus d’un patient hospitalisé sur deux à quatre mois.
Au cours des quatre mois qui ont suivi leur hospitalisation, 478 patients ont été recrutés et régulièrement questionnés par téléphone sur leurs symptômes (signes généraux, respiratoires, neurologiques). La fatigue a été mesurée à l’aide de l’échelle MFI-20 évaluant quatre domaines (fatigue générale, activité réduite, motivation, fatigue mentale), chacun étant côté de 1 à 5 (1 correspondant au meilleur score). La qualité de vie a été mesurée à l’aide de l’échelle SF-36. Les patients qui rapportaient l’existence de symptômes au cours du suivi, de même que ceux qui ont été hospitalisés en soins intensifs, ont été invités à venir en consultation.
Un état de fatigue fréquent et intense
Plus de la moitié des patients (51 %) ont déclaré au moins un symptôme qui n’existait pas avant qu’ils ne soient infectés par le SARS-CoV-2 : la fatigue (31 % des cas), des troubles cognitifs (21 %) et une dyspnée (16 %).
Une analyse complémentaire a pu être menée chez un peu plus d’un tiers des patients de l’étude. Le score de fatigue médian était de 4,5 pour la réduction de la motivation et de 3,7 pour la fatigue mentale. Un CT scan a été demandé pour 171 patients : 108 d’entre eux avaient des opacités en verre dépoli et 33 présentaient de la fibrose pulmonaire. Cette fibrose couvrait cependant toujours moins de 25 % du parenchyme, sauf chez un patient.
Chez les 94 personnes passées par les soins intensifs, l’anxiété, la dépression et les symptômes post-traumatiques étaient observés chez respectivement 23 %, 18 %, et 7 % des patients. Par ailleurs, la moitié d’entre eux présentait une fraction d’éjection ventriculaire inférieure à 50 % et une maladie rénale chronique a été diagnostiquée chez deux patients.
Pour le Dr Yoann Gaboreau, médecin généraliste et maître de conférences à l’université de Grenoble, les variétés des symptômes compliquent la définition des séquelles liées au Covid : « il y a de nombreuses présentations cliniques : frissons, essoufflements, douleurs thoraciques, troubles de la mémoire, douleurs d’origine neurologique, difficulté ORL, perte locomotrice, oculaire, des troubles dysautonomiques, explique-t-il. Ces symptômes ont la particularité de fluctuer durant plusieurs semaines ou mois avec des alternances de phases asymptomatiques et symptomatiques. » Le 12 février dernier, la Haute Autorité de santé (HAS) a émis des critères diagnostiques et des recommandations de prise en charge avec l’aide de plusieurs sociétés savantes (Société française de cardiologie, Société de pneumologie de langue française, Fédération française de neurologie…).
Les patients de l’étude Comebac seront revus un an après leur hospitalisation. Une étude similaire est en cours chez des patients de la seconde vague et évaluera l’effet éventuel des traitements utilisés et l’influence des variants du SARS-CoV-2.
Comebac group, JAMA, mars 2021. doi : 10.1001/jama.2021.3331
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