Depuis la publication de la loi de la bioéthique du 2 août 2021, l’aide médicale à la procréation (AMP) est ouverte à toutes les femmes, tout comme la congélation des ovocytes sans raison médicale. Cependant, l’enquête Preserve, réalisée avec le soutien de Gedeon Richter, révèle le manque d’information des Français sur ce sujet.
L’enquête Preserve avait pour objectif de dresser un état des lieux du niveau de connaissance et des attentes et besoins concernant l’autoconservation des gamètes hors raisons médicales et de sensibiliser à l’infertilité et ses enjeux. Un échantillon de 2 000 Français représentatifs de la population a été interrogé en ligne et des espaces de discussion ont été ouverts avec une communauté en ligne. Les résultats montrent que seuls 22 % des Français s’estiment bien informés sur les différentes techniques d’AMP.
Quelque 53 % des Français n’ont jamais entendu parler de la nouvelle loi de bioéthique. Un quart des femmes (26 %) seulement sait que la fertilité diminue à partir de 30 ans. Quant à l’autoconservation des gamètes, 38 % des Français ne savent pas pour qui c’est autorisé. Cependant, 12 % se sentent concernés par l’autoconservation des gamètes hors raison médicale et 64 % y sont favorables. Les éléments qui les questionnent le plus sont l’incertitude par rapport au taux de succès (43 %), la peur des effets indésirables liés aux traitements hormonaux (41 %) et le coût financier (38 %).
« Les résultats de cette enquête sont édifiants et montrent bien la nécessité qu’il y a à informer les femmes sur leur fertilité, l’âge limite pour autoconserver… Les professionnels de santé (gynécologues, sages-femmes, médecins traitants) sont en première ligne. L’information pourrait aussi se faire dans les collèges et lycées », a déclaré Virginie Rio, présidente de l’association Collectif Bamp !.
Qu’en est-il en pratique ?
« Avec les nouvelles dispositions, toutes les femmes âgées de 29 à 37 ans peuvent désormais bénéficier d’une autoconservation de leurs ovocytes sans motif médical. 29 ans correspond à l’âge moyen de la première grossesse, a expliqué la Dr Pauline Jaeger des Hospices civils de Lyon. Il est toutefois conseillé de la faire avant 35 ans car la réserve ovarienne et la qualité de l’ovocyte diminuent avec l’âge. » Les gamètes autoconservés pourront être utilisés jusqu'au 45e anniversaire. Alors qu'aux États-Unis, les femmes veulent profiter de l’autoconservation des ovocytes pour des raisons professionnelles parce qu’elles veulent faire carrière avant, en France, la principale raison invoquée par les femmes est le fait de « prendre le temps de trouver le bon partenaire ».
Par ailleurs, conserver les ovocytes n’a rien d’anodin et nécessite une procédure médicale assez lourde (injections sous-cutanées quotidiennes pour booster la production et la maturation des ovocytes). La ponction s’effectue ensuite au bloc opératoire. Toutes ces procédures sont entièrement remboursées par la sécurité sociale, seuls les frais de conservation (45 à 50 euros/an) sont à la charge de la patiente. Il y a eu de nombreuses demandes depuis la promulgation de la loi et les centres sont un peu débordés avec des délais d’attente assez longs.
Pour l’homme, l'autoconservation des gamètes sans condition médicale est autorisée à compter du 29e anniversaire et jusqu’au 45e anniversaire pour une utilisation avant le 60e anniversaire.
D’après une conférence de presse organisée par Gedeon Richter
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