TYPIQUEMENT les troubles fonctionnels intestinaux se traduisent par des douleurs abdominales diffuses ou localisées à type de crampes, de spasmes, un ballonnement abdominal qui s’accentue souvent en période postprandiale et le soir, des troubles du transit intestinal caractérisés par une alternance de diarrhée et de constipation, symptômes qui peuvent être associés ou se succéder et qui évoluent de façon chronique sans altération de l’état général.
Ils peuvent persister des dizaines d’années avec des poussées de quelques semaines à quelques mois alternant avec des périodes de calme. Au fil du temps la symptomatologie peut se modifier, les symptômes coliques typiques (troubles du transit, ballonnement...) peuvent céder la place ou être associés à des troubles dyspeptiques (plénitude postprandiale, nausées, éructations, satiété précoce…).
Cette évolution de la symptomatologie s’explique par la physiopathologie des troubles fonctionnels intestinaux dont les signes cliniques ont pour substratum des troubles de la motricité du tube digestif mais surtout de la sensibilité viscérale notamment à la distension, de nombreux récepteurs étant présents dans la paroi des organes digestifs.
Evolution.
L’évolution à court terme sur deux ou trois mois est le plus souvent favorable : la symptomatologie peut s’accentuer à l’occasion de stress, de fatigue, de problèmes psychologiques, familiaux ou professionnels, et s’atténuer avec le repos, en période de détente ou de vacances.
L’évolution à long terme est moins bien connue : l’étude de cohortes de patients colopathes suivis pendant plus de dix ans montre qu’un tiers des sujets a toujours les mêmes troubles fonctionnels intestinaux, un tiers a des troubles différents mais toujours digestifs, un tiers est asymptomatique ou a des troubles très peu gênants. Les troubles fonctionnels intestinaux peuvent disparaître à l’occasion d’un changement de vie important.
Prise en charge.
La prise en charge des troubles fonctionnels intestinaux fait appel à des mesures diététiques, une approche psychologique et des médicaments symptomatiques.
- Les mesures diététiques sont utiles et consistent souvent à élargir un régime draconien non justifié. Les régimes d’exclusion n’ont pas d’efficacité sur les symptômes, les troubles étant déclenchés par la prise alimentaire quel que soit le type d’aliment (graisses, protides…). S’il est vrai que certains aliments sont plus difficiles à supporter tels que les légumes secs, les choux qui sont fermentescibles, l’alimentation doit rester variée, équilibrée et non restrictive ce que permet le recours à certains moyens (cuisson prolongée des légumes, consommation de compotes de fruits…).
- L’approche psychologique est le 2 e volet de la prise en charge.
L’inconfort intestinal, les symptômes qui se répètent sur des années, engendrent chez les patientes une inquiétude et souvent une cancérophobie même si les bilans sont négatifs. Il faut alors savoir écouter et comprendre les patientes, les rassurer, non par des investigations multiples et répétées qui sont génératrices d’angoisse, mais en prenant le temps d’expliquer l’origine fonctionnelle des symptômes sans en minimiser l’intensité sous prétexte qu’ils sont liés à une affection bénigne et non organique.
La psychothérapie, des séances de relaxation ou le yoga peuvent être utiles.
- Le traitement médicamenteux va aider à passer le cap douloureux.
En l’absence de médicaments disponibles agissant sur les afférences digestives, le traitement des douleurs repose sur les antispasmodiques musculotropes (phloroglucinol, mébévérine) plus efficaces que le placebo sur la douleur et bien tolérés mais qui ne doivent pas être utilisés au long cours.
L’amélioration des connaissances sur les relations entre le système nerveux central et l’intestin a permis de reconnaître le rôle de nombreux neurotransmetteurs dans la transmission des sensations digestives et le contrôle des fonctions digestives, motrices et sécrétoires.
Les récepteurs à la sérotonine ont été particulièrement étudiés.
De nouveaux médicaments ont été développés : des antagonistes des récepteurs 5-HT3 et des agonistes des récepteurs 5-HT4 qui semblent avoir un effet bénéfique, mais compte tenu de leurs effets secondaires très graves, ils ne sont pas disponibles en Europe.
D’après un entretien avec le Pr Marc-André Bigard (chef du service d’hépato-gastroentérologie, CHU de Nancy).
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