La présence d’un diabète de type 2 constituerait un argument supplémentaire pour proposer une chirurgie bariatrique à un patient obèse, selon l’étude médicoéconomique suédoise SOS publiée dans « The Lancet Diabetes & Endocronology ». L’équipe dirigée par le Dr Lena Carlsson, du département de santé de la région de Vastra Gotaland, a suivi plus de 4 000 patients pendant 15 ans. Elle montre que le contrôle glycémique des patients diabétiques s’améliore après une opération de chirurgie esthétique, sans augmentation significative des frais de santé.
Les investigateurs ont pu suivre 4 030 patients suédois, dont 1 999 ont subi une opération entre 1987 et 2001 et 2 031 patients ont bénéficié d’une prise en charge non chirurgicale. Les patients des deux groupes présentaient les mêmes caractéristiques au moment de leur prise en charge : un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 34 chez les hommes, et à 38 chez les femmes, et un âge compris entre 37 et 60 ans.
Plus de frais hospitaliers mais moins de traitements antidiabétiques
Les coûts moyens en termes de traitement médicamenteux étaient inférieurs chez les patients traités par chirurgie bariatrique, qu’ils soient diabétiques (12 794 euros contre 17 399 euros) ou prédiabétiques (9 000 euros contre 11 765 euros). Chez les patients euglycémiques, il n’y avait en revanche pas de différence significative (un peu plus de 9 000 euros de part et d’autre).
Les frais d’hospitalisation, en revanche, étaient plus élevés suite à une opération de chirurgie bariatrique chez les patients euglycémiques (45 700 euros contre 22 500 euros) prédiabétiques (58 699 euros contre 29 358 euros) et diabétiques (55 029 euros contre 42 516 euros).
En additionnant les frais médicamenteux et d’hospitalisation, les patients euglycémique et prédiabétiques traités par la chirurgie bariatrique « coûtaient plus cher » que ceux traités de façon plus conventionnelle (plus de 62 000 euros contre 40 230 à 48 200 euros). Ce n’était pas le cas chez les patients diabétiques dont les frais médicaux totaux étaient d’environ 72 000 euros quelle que soit leur prise en charge.
Selon les auteurs, les patients diabétiques opérés avaient subi plus de réhospitalisations, mais cette différence était contrebalancée par une diminution de plus de 4 500 euros des prescriptions d’antidiabétiques.
Des techniques chirurgicales en constante amélioration
Certains patients ont été opérés avec des techniques considérées comme obsolètes générant plus de frais postopératoires que les méthodes modernes. Depuis le début de l’étude, les techniques de dérivation gastrique roux en Y par vidéolaparoscopie se sont répandues, réduisant les risques de complications et de réintervention.
« Ces résultats indiquent que les coûts médicaux après une chirurgie bariatrique ne sont pas uniquement liés à l’IMC avant l’opération ou à la quantité de poids perdu », estime le Dr Ricardo Cohen, du centre de l’obésité et du diabète de l’hôpital Oswaldo Cruz de São Paulo, au Brésil, dans un commentaire accompagnant l’étude. « Plusieurs études prospectives et observationnelles ont montré que la chirurgie bariatrique améliorait le contrôle du diabète de type 2 non seulement via la perte de poids, mais aussi via d’autres mécanismes », poursuit-il.
Le suivi de l’étude SOS, indique également que la chirurgie bariatrique réduit de 87 % le risque de transformation d’un prédiabète en diabète de type 2. « Il y a un fort besoin de nouvelles recommandations qui prennent en compte de nouveaux facteurs », dans la décision d’une opération de chirurgie bariatrique, selon le Dr Cohen, « et principalement le diabète non contrôlé ».
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