49 000 nouveaux cas de cancer du sein invasifs et 12 000 décès ont été recensés en 2012. Selon les derniers chiffres présentés par Santé publique France, 54 000 nouveaux cas sont projetés pour l'année 2015. « Après une augmentation entre 1980 et 2005, l'incidence du cancer du sein s'est stabilisée », indique l'Agence sanitaire, qui explique cette hausse de l'incidence par la pratique du dépistage, en ce qu'elle avance la date du diagnostic, permettant la détection de tumeurs de très petite taille, et le surdiagnostic. SPF souligne par ailleurs une meilleure survie nette à 5 ans (87 % contre 80 % en 1989-1993).
Dans la même lignée que Santé publique France, les médecins refusent de parler d'épidémie du cancer du sein.
« Le diagnostic est mieux fait et plus tôt. L'espérance de vie a augmenté depuis 20 ans et il y a davantage de cancers chez les sujets âgés. On peut estimer que l'augmentation des cas de cancers sur les dernières décennies est due pour un tiers à l'amélioration diagnostique, un tiers à l'augmentation de l'incidence et le dernier tiers au vieillissement de la population » commente le Pr Ifrah.
« Ce n'est pas sérieux. Cela contribue à affoler les femmes », juge le Dr Leicher. « De quelle épidémie parle-t-on ? Des faux positifs ? Des lésions diagnostiquées, mais qui n’évolueront pas ? Les patients ne peuvent pas vivre sous la menace permanente de la pathologie », commente pour sa part le Pr Renard, fustigeant un terme impropre.
L'épidémiologiste et biostatisticienne Catherine Hill dénonce même « une fausse alerte » dans un article publié par l'Association française pour l'information scientifique, en réaction au livre d'André Cicolella. Elle conteste notamment le lien de causalité qu'il pose entre cancer du sein et substances chimiques. « Il n'y a pas aujourd'hui de preuve que les expositions aux bisphénols, aux phtalates, aux parabènes, au PCB, etc. augmentent le risque de cancer du sein », écrit-elle. Et d'appeler à revenir à des publications scientifiques évaluées, pour fonder les politiques publiques.
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