Pertes de responsabilités et d’avantages, refus d’augmentation, etc. : un quart des femmes rapportent des formes de discriminations à leur retour au travail après un cancer du sein, selon des résultats de l’étude de cohorte Canto, présentés par Unicancer début octobre.
« Une précédente enquête menée en France sur un échantillon représentatif de près de 2 000 personnes atteintes d’un cancer a montré que 22 % des anciens malades rapportaient une forme de discrimination dans leur emploi suite à la survenue d’une maladie (perte de responsabilité, perte d’avantages, promotion ou augmentation refusée…). Les analyses menées à partir de la cohorte Canto rapportent une prévalence relativement semblable chez plus de 2 000 femmes traitées pour un cancer du sein (26 %) », souligne la sociologue Agnès Dumas, chargée de recherche à l’Inserm et responsable du programme sur l’emploi et l’impact social des toxicités des traitements de la cohorte.
Des impacts plus fréquents quand l'absence est longue
Parmi les discriminations perçues, sont citées d'abord la perte de responsabilité (50 %), la perte d’avantages (49 %), l’arrêt de la promotion ou le refus d’augmentation (45 %), puis la rétrogradation (13 %) et la mutation ou le changement de poste non désiré (7 %). Ces impacts sur la vie professionnelle affectent en particulier des femmes qui « ont un état de santé globalement dégradé suite aux traitements et qui ont été absentes du travail plus longtemps que les autres », précise Agnès Dumas. Celles qui travaillent dans le secteur privé ou qui exercent des métiers stressants sont également plus enclines à percevoir des discriminations à la reprise d’activité. Le type de contrat (CDD, CDI, autre) ne semblait en revanche pas avoir d’impact, tandis qu’un emploi dans une entreprise de moins de 50 salariés apparaît « protéger des discriminations perçues », ajoute la sociologue.
Une autre enquête, menée par l'association « Entreprise et cancer » et présentée lors d’une conférence au Centre Léon-Bérard de lutte contre le cancer de Lyon le 21 septembre, a mis en évidence « une grande méconnaissance des dispositifs et mécanismes existants » pour la reprise d’activité malgré l’importance de l’anticiper pour un retour dans les meilleures conditions. Ainsi, le temps partiel thérapeutique à l'issue d'un arrêt maladie n’est mis en place que dans 24 % des cas, selon l’Institut national du cancer, alors que le recours à ce dispositif est associé à davantage de maintien de l'emploi à 5 ans (84,6 % versus 68 % pour ceux qui n'en ont pas bénéficié).
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