Comme un retour de flamme… Après les réactions outrées de praticiens sur Twitter et le soutien aux étudiants de l'Ordre des médecins (CNOM), les syndicats de jeunes médecins ont répliqué au Pr Jean Sibilia, patron des doyens, après sa déclaration polémique à l'université d'été de la FHF. Le doyen de Strasbourg avait imputé les problèmes de démographie médicale au manque de « valeurs citoyennes et républicaines » de ses cadets.
Le président de Reagjir, le Dr Yannick Schmitt, a ainsi qualifié les propos de son aîné de « totalement inacceptables ». L’Anemf (Association nationale des étudiants en médecine de France) et les internes de l’Isnar-IMG ont quant à eux publié un communiqué dans lequel ils « condamnent avec fermeté » la déclaration du Pr Sibilia, précisant ne pas croire à « une erreur de communication ».
« Pr Sibilia, les étudiants en médecine ont conscience du poids de la responsabilité sociale qui incombe à la fonction de médecin », clament les deux syndicats.
Le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) a quant à lui demandé des « excuses publiques » au Pr Sibilia, « acte minimal nécessaire pour espérer clore la polémique ».
Des propos sortis de leur contexte, selon les doyens
À défaut d'excuses, la Conférence des doyens des facultés de médecine a tenté d’éteindre l'incendie, dimanche, invoquant une « intervention résumée à une phrase, qui, sortie de son contexte, a, à juste titre, choqué étudiants et jeunes médecins ».
« Nous connaissons leur attachement aux valeurs citoyennes et républicaines, c’est pourquoi nous tenons à dénoncer son interprétation qui ne correspond pas à l’esprit ni à la dynamique de notre conférence », a-t-elle affirmé, sans trop convaincre.
Le CNGE à la rescousse
Lundi, le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) a, à son tour, apporté son soutien aux futurs médecins, soulignant « particulièrement l'investissement des internes en médecine générale » et précisant qu’il n’existait « aucun argument valide » à l’appui de la mise en cause du Pr Sibilia.
« Les étudiants en médecine sont engagés dans un cursus long et encore plus difficile et exigeant que celui qu’ont connu leurs aînés, ce qui devrait inciter ces derniers à beaucoup de retenue », souligne le collège.
Et le CNGE de « rappeler que tous les étudiants en médecine (...) ont besoin d'aide et de soutien et sûrement pas de stigmatisation ou d'accusation collective ».
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