Je suis installée en tant que médecin homéopathe depuis 7 ans à Aurillac dans le Cantal. J'ai, pour cela, acquis un Diplôme Inter-Universitaire à Bobigny-Paris 13 et je voudrais vous faire part de mes réactions quant à la décision récente du Conseil National de l'Ordre des Médecins de mettre fin «aux conditions dérogatoires du droit au titre vis-à-vis de l'homéopathie».
Chaque jour dans mon cabinet, je m'occupe de patients qui attendent de moi une prise en charge globale de leur état de santé. Cela demande écoute, analyse et surtout connaissance effective de la médecine. Cela demande du temps, afin de discerner le traitement qui sera le plus adapté à leur cas, afin de travailler en collaboration avec mes collègues médecins, chacun dans son domaine. Je m'occupe d'eux, et souvent, je les oriente en parallèle vers mes collègues, leur expliquant que la médecine est un travail complexe et que chacun des intervenants de santé a son rôle à jouer.
Je ne pense pas que mon diplôme de médecin me soit inutile dans mon activité quotidienne. Afin de garder un regard critique et vigilant sur leur état de santé. Afin de leur permettre de bénéficier non seulement de mes connaissances en homéopathie, mais aussi de ma capacité à les orienter dans leur parcours médical. En connaissance de cause. Et les patients chercheront toujours une prise en charge de ce type. Qui prenne en charge leur spécificité d'être humain.
Malheureusement, la décision récente de l'Ordre des Médecins va très rapidement avoir comme conséquence que les patients rechercheront cette prise en charge chez un certain nombre d'intervenants qui n'ont aucune connaissance de la médecine, n'auront pas ce regard vigilant de médecin, et utiliseront l'homéopathie comme une panacée thérapeutique, ce qui n'est pas le cas. L'homéopathie fait partie de l'arsenal médical du médecin. Elle doit, à ce titre, être utilisée par des médecins spécifiquement formés et reconnaissables par leur titre. C'est pourquoi je me permets aujourd'hui de m'élever contre cette décision contre productive, néfaste pour la qualité du système de santé français, néfaste pour la santé des patients. Il en va de la qualité de la médecine en France.
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