Des centres ophtalmos soupçonnés de fraude à l'Assurance-maladie

Publié le 13/07/2020
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Crédit photo : S.Toubon

Des anomalies de fonctionnement et des abus s'apparentant à de la fraude ont été constatés dans des centres de santé ophtalmologiques, établissements nés d'un assouplissement législatif de 2018, ont indiqué lundi des sources concordantes, confirmant une information révélée par « Le Parisien » dans son édition du 13 juillet.

Selon le Collège national professionnel d'ophtalmologie (CNPO), nouveau nom de l'Académie française d'ophtalmologie, des « actes peu justifiés » et des « stratégies de facturations hautement critiquables » ont été relevés par « différentes sources » ces derniers mois dont la CNAM qui a engagé des contrôles.

Selon « Le Parisien », qui a eu accès à un rapport interne de la CNAM, plusieurs disparités entre certains centres opthalmos et cabinets libéraux ont été repérées. L'Assurance-maladie a observé une envolée des remboursements réclamés par ces centres, en plein essor depuis 2018. Fonctionnant exclusivement avec des médecins salariés, ces centres de santé ophtalmologiques accueillent de plus en plus de patients – « de 400 000 personnes en 2015 à 800 000 en 2019 ». « Le coût des remboursements s'est envolé de 245 % » pour atteindre « 69 millions d'euros », souligne ce rapport.

Trop d'actes ?

Selon le Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF), plusieurs « pratiques abusives » seraient à l'origine de cette augmentation comme « la facturation de multiples actes orthoptiques et médicaux » et « des examens complexes systématisés semblant peu pertinents »« Ces résultats mettent en lumière un phénomène latent et ignoré jusqu'alors des payeurs, à savoir une dérive tarifaire importante (...) portant préjudice à toute la spécialité », insiste le Dr Thierry Bour, président du SNOF.

Les centres de santé, dont le développement est favorisé par les longs délais pour l'obtention d'un rendez-vous chez un ophtalmologue libéral, sont conventionnés en secteur I, donc interdits de dépassements. Ils sont accessibles parfois en moins de 24 heures. 

(avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr