Au sortir de la Première guerre mondiale, les médecins ont un ennemi commun : les mutuelles. Certains pensent que cela n’a guère changé aujourd’hui, mais il y a probablement une différence d’échelle entre les deux époques, comme le montre la mobilisation qui a eu lieu à partir de 1919.
Cette année-là en effet, les parlementaires font une première tentative pour introduire le tiers-payant en faveur des blessés de guerre, réforme qui se double rapidement de l’introduction de ce que l’on appellerait aujourd’hui des réseaux de soins.
Les médecins sont vent debout contre ces projets qui les rendraient tributaires des mutuelles. Ils se lancent alors dans une grève administrative. Les députés revenant à la charge à plusieurs reprises au cours des années 1920, ils seront contraints de s’unir, et d’engager une grande réflexion sur leurs relations avec les caisses.
L’émergence d’une idéntité libérale
L’aboutissement de ce processus est connu : il s’agit de la fameuse « Charte de la médecine libérale », proclamée lors d’un congrès syndical dans les derniers jours de 1928. Libre choix, liberté de prescription... Tout ce qui fait l’identité libérale est alors gravé dans le marbre.
L’émergence de ce pouvoir du médecin face à celui des mutuelles est quant à elle consacrée par la loi en 1930, les parlementaires mettant alors provisoirement fin à leurs velléités de contrôle du corps médical.
Parmi les principes proclamés en 1928, seule la libre entente entre le médecin et le patient sur les honoraires semble aujourd’hui quelque peu anachronique. Les autres font encore partie de l’ADN de la profession.
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