« Le conflit entre les médecins et l’Etat date de la Révolution française, avec la création des officiers de santé », explique Didier Tabuteau, qui dirige la chaire santé de Sciences-Po. Le XIXe siècle est en effet pour la profession celui d’une lutte pour obtenir ce qui semble aujourd’hui une évidence : le monopole de la dispensation de soins médicaux.
En mars 1791, l’Assemblée permet à tout un chacun d’exercer la médecine, à condition de s’acquitter d’une patente. La profusion de charlatans qui s’en suit est à peine tempérée par une loi de 1803 (loi de Ventôse) qui restreint l’activité de soignant à deux catégories de personnes : les médecins diplômés des facultés et les officiers de santé nommés par un jury départemental.
Un combat qui dure un siècle
Pour les médecins, c’est une catégorie de trop. Pendant les années qui suivent, ils se mobilisent pour faire interdire l’officiat. Que ce soit par les congrès médicaux ou à travers l’Association générale de prévoyance et de secours mutuel des médecins de France (AGMF), toutes les tribunes sont bonnes pour mener le combat contre les charlatans.
À partir de 1881, les premiers syndicats jettent toutes leurs forces dans la bataille. Ils n’obtiennent gain de cause qu’en 1892 avec la loi Chevandier, qui accorde aux médecins le monopole de l’exercice de leur art.
Le combat aura duré un siècle. Il faut dire que les officiers de santé étaient pour les autorités un moyen commode de répondre à une demande de soins importante, et largement non couverte, dans les départements ruraux : les déserts médicaux ne datent pas d’hier.
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