Le numerus clausus mis en cause

Publié le 25/01/2010
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Crédit photo : S TOUBON

Curieux paradoxe. Des étudiants français partent se former en médecine en Roumanie tandis que des médecins roumains viennent exercer dans l’Hexagone – 1 150 depuis 2007, selon l’Ordre. Le recteur de l’université de Cluj voit une raison principale à la fuite des cerveaux français : le processus de sélection des étudiants français au terme du PCEM1. « Le numerus clausus n’est pas une bonne chose, dit-il. Beaucoup de jeunes gens recalés ont les qualités humaines pour devenir de bons médecins. Moi-même, j’ai raté ma première année. Nous étions dix pour une place. J’ai repassé les examens et je suis aujourd’hui professeur de chirurgie et directeur de l’université. » Salim, parti étudier à Cluj, ne dit pas autre chose : « En France, la première année est un concours, une compétition et des gens qui ont le niveau ne passent pas. J’ai loupé le concours de peu. J’ai suivi un stage de première année à Bourges l’an dernier. Les médecins n’ont pas vu de différence de niveau avec les autres étudiants. Si je ne leur avais pas dit que je venais de Roumanie, ils ne l’auraient jamais su ». Le jeune homme veut laisser le temps faire ses preuves. « On verra dans quelques années si on a de bons résultats aux ECN et si on est de bons médecins ». Face aux critiques sur ses filières de formation en médecine et aux soupçons portés sur leur qualité, le Pr Constantin Ciuce, a une réplique imparable. « Si les médecins roumains sont capables d’aller assurer les soins primaires dans les campagnes françaises, cela signifie que leur formation en médecine est de qualité, glisse-t-il malicieusement. À Cluj, en tout cas, elle est bonne. »

Le Quotidien du Mdecin

Source : Le Quotidien du Médecin: 8694