Une note minimale à l'issue de la 6e année de médecine et un classement pour les spécialités ou groupes de spécialités : la procédure du matching, qui succédera aux épreuves classantes nationales (ECN) dès 2023, se précise.
Missionnés par les ministres Agnès Buzyn (Santé) et Frédérique Vidal (Enseignement supérieur), le Pr Marc Braun, doyen de la fac de médecine de Nancy, et Yanis Merad, ex-président de l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), ont rédigé une note de cadrage pour détailler le calendrier et les principes de la réforme. La refonte du deuxième cycle et la suppression des ECNi ont été actés dans la loi de santé. Cette réforme bénéficiera aux étudiants entrant en 4e année de médecine (DFASM1) dès septembre 2020.
Dans ce deuxième cycle remanié, les années d'apprentissage seront recentrées sur les stages et les connaissances indispensables. Quant au matching, il s'agit d'« un système algorithmique d'affectation à l'entrée du troisième cycle permettant d'attribuer à chaque étudiant un poste (spécialité et subdivision) », résument les deux experts. Ce système sera donc fondé sur un trépied de critères : la note obtenue dans l'épreuve nationale des connaissances théoriques ; l'évaluation des compétences cliniques et relationnelles ; enfin le parcours de formation et d'expériences extra-universitaires.
Notes éliminatoires
Concernant les connaissances théoriques, resserrées, la date de l'épreuve nationale sera fixée en tout début de 6e année (septembre/novembre) afin « de libérer la sixième année du bachotage qui la parasite ». Les carabins répondront à des questions à réponse ouverte, des QCM contextualisés, des tests de concordance de script (TCS, technique d'évaluation du raisonnement clinique) et ils analyseront des images fixes – radios, coupes de scanner ou photos. Quelques items ont été ajoutés comme l'accompagnement des patientes victimes de violences, les patients handicapés ou la santé numérique.
Ces connaissances seront vérifiées selon une complexité graduée : le rang A (connaissances indispensables) et le rang B (savoirs plus spécifiques à un groupe de spécialités proches). « Les étudiants devront avoir 80 % de réponses correctes sur les questions du rang A pour participer au matching et il y a aura une session de rattrapage en cours d'année », assure Sébastien Villard, en charge des études médicales à l'ANEMF.
Pour évaluer cette fois les compétences cliniques et relationnelles, les carabins subiront des ECOS (examen clinique objectif structuré) en fin de 6e année (mai). Il s'agit de « démontrer sa maîtrise d'une compétence donnée dans des situations prédéfinies » (l'étudiant suivant une succession d'au moins huit stations). Exemple, la prise en charge d'une famille avec un enfant atteint d'une maladie rare. Dans un souci d'équité, l'évaluation se fera avec une grille standardisée. Là encore, la réussite sera déterminante pour accéder à la procédure de matching. Des discussions sont en cours afin de savoir si un score minimal est exigé ou s'il faut valider un nombre de stations.
Le parcours, 10 % de la note finale ?
Dernier volet, la prise en compte du parcours. Schématiquement, l'étudiant accumulera des points au cours de ses études en fonction des activités réalisées à l'université ou en dehors (selon une liste cadrée prédéfinie). « On compte sur les doubles cursus, les masters 1 et 2 de recherche, les stages à l'étranger ou inter-CHU mais aussi les jobs étudiants, les certificats de langue (CLES, TOEIC), l'engagement associatif ou encore les unités d'enseignements optionnels », explique la note des deux experts. Le score de parcours sera plafonné pour ne pas aboutir à une « course à l'expérience délétère », précise la note de cadrage.
Au total, l'épreuve de connaissances théoriques compterait pour la moitié de la note finale (les questions de rang B ayant des coefficients différents en fonction des groupes de spécialités), les compétences cliniques pèseraient pour 40 % et le parcours pour 10 %.
Les étudiants seront classés dans les groupes de spécialités (à définir). Ils formuleront plusieurs vœux, l'algorithme de matching devant leur proposer un poste (discipline et subdivision). La procédure se terminerait en juillet pour une rentrée des nouveaux internes en octobre.
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