À part l'écran en carton-pâte fixé au mur, la salle de simulation du centre de formation des assistants de régulation médicale (CFARM) de Paris a tout d'une vraie plateforme de régulation du SAMU. Casque et micro vissés sur le crâne, six étudiants s'entraînent. « SAMU bonjour ! Que puis-je faire pour vous ? » De l'autre côté du fil, des patients fictifs, joués par leurs camarades installés dans la pièce d'à côté, derrière une vitre sans tain.
Depuis le 4 novembre, 38 futurs ARM se forment au cinquième étage de cet ancien bâtiment hospitalier du sud de la capitale. Dès l'automne, ils rejoindront les quelque 2 000 professionnels chargés de répondre aux 28 millions d'appels reçus chaque année par les 104 SAMU-Centre 15 de France.
Vendredi 10 janvier, ces étudiants ont reçu la visite de Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), et Aurélien Rousseau, patron de l'agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France. Les deux hommes sont venus inaugurer cette structure ouverte seulement quatre mois après la publication des textes législatifs créant cette nouvelle formation en un an. À terme, dix CFARM devraient voir le jour en France et former 400 professionnels par an.
Premier maillon de la chaîne
« Pourquoi n'avons-nous pas fait cela, il y a 50 ans ? », s'est interrogé Martin Hirsch dans un discours devant les étudiants et les directeurs des huit SAMU de la région.
Et pour cause : c'est l'affaire Naomi Musenga, du nom de cette jeune strasbourgeoise décédée en décembre 2017 après avoir été moquée par une opératrice du SAMU, qui a précipité la création jugée indispensable des CFARM. « Nous n'avons pas assez formalisé les choses, regrette le haut fonctionnaire. Merci d'avoir mis les bouchées quadruples pour rattraper ce retard ». « Les ARM ont désormais la reconnaissance qu'ils méritent », applaudit de son côté le Dr François Dolveck, directeur médical du CFARM qui espère accueillir 60 nouveaux étudiants dès l'année prochaine.
Premier maillon de la chaîne de secours pré-hospitalier, l’ARM est formé pour répondre aux différents types d'appels au 15 et doit savoir reconnaître une urgence (pour orienter au besoin vers un médecin régulateur). Plusieurs stages de découverte dans les SAMU et différents services hospitaliers sont prévus.
Dans la promotion, beaucoup d'élèves sont déjà issus du monde de la santé. Alexandra a travaillé pendant un an et demi comme opératrice téléphonique au pôle de soutien psychologique de la Croix-Rouge. « J'ai vu l'ouverture de cette formation comme une belle opportunité », explique l'étudiante de 30 ans. À l'automne 2020, elle sera diplômée et pourra rejoindre le SAMU dans lequel elle avait depuis longtemps envie de travailler. « J'ai le sentiment d'être bien armée par cette formation », assure-t-elle.
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