Corps étrangers - Épisode 3

[PODCAST] « Je révisais tout le temps » : les EVC, l'épreuve qui peut tout changer pour les médecins étrangers

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Publié le 07/10/2026

Pour exercer pleinement en France, les médecins diplômés hors de l’Union européenne doivent notamment passer les épreuves de vérification des connaissances (EVC). Un concours qui demande des mois de préparation, parfois au prix de sacrifices familiaux importants. Et même une fois lauréat, le parcours peut encore réserver des surprises.

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À 39 ans, Felipe Horta, anesthésiste-réanimateur formé au Brésil, est redevenu étudiant. Pour préparer les EVC, il se levait à 5h30 pour réviser avant de partir à l’hôpital. « Ça faisait 1h30, voire 2h par matinée et c’était ma routine », raconte-t-il. Les révisions se poursuivaient parfois au travail et le week-end. « Je révisais beaucoup tout le temps. Je lisais pour assimiler, pour savoir les choses par cœur aussi et pouvoir répondre correctement. »

Ces épreuves constituent une étape incontournable pour de nombreux médecins diplômés à l’étranger. Elles permettent, selon Philippe Touzy, du Centre national de gestion (CNG), d’intégrer d’abord les hôpitaux comme « praticiens associés », pendant une période probatoire pouvant durer jusqu’à deux ans, avant une autorisation complète d’exercer.

Sur tous les fronts 

Mais préparer ce concours tout en travaillant et en ayant une famille n’est pas toujours tenable. Médecin généraliste formée en Tunisie et mère de trois enfants, la Dr Babay Asma Rais a dû prendre un congé sans solde. « Quand on rentre du travail et qu’on entame sa deuxième vie après, les obligations familiales, c’est pas évident », témoigne-t-elle. « On a beau s’organiser, anticiper les choses, mais c’est compliqué. »

Et la réussite au concours ne garantit pas toujours une affectation. Ceccile Accioly, chirurgienne vasculaire née au Brésil, a obtenu 14,5 de moyenne en 2024 et a été déclarée lauréate. Mais elle n’a pas obtenu de poste. « Le grand manque de communication, malheureusement, nous a mis tous dans une grande, grande difficulté », déplore-t-elle. Face à l’incertitude, elle a finalement décidé de changer de spécialité et de se tourner vers les urgences. Avec un mois seulement pour préparer le concours : « C’était la course pas possible », se souvient-elle. « C’était très, très juste. »

 

Des règles difficiles à suivre selon Me Léonard Balme-Leygues, avocat spécialisé dans la défense des praticiens à diplôme étranger : « Les règles changent tout le temps. Donc, il y a une instabilité qui est énorme, un manque de prévisibilité. »

Au CNG, Philippe Touzy reconnaît de nombreux changements ces dernières années mais les explique notamment par l’augmentation du nombre de candidats : « Avant le Covid, on recrutait de l’ordre de 800-900 personnes par le biais de ces épreuves. Les dernières épreuves, on était à plus de 4 000 en 2024. » Il rappelle également que « la sécurité des soins reste la priorité ».

Au moment de l’enregistrement, Felipe et Ceccile étaient encore plongés dans leurs révisions. Quelques semaines plus tard, tous deux ont finalement réussi les EVC. Une nouvelle étape commence désormais : trouver leur place dans le système de santé français.


Source : lequotidiendumedecin.fr