Confrontée à une situation financière difficile en raison de la hausse du coût des énergies, la polyclinique Chénieux, située à Limoges (Haute-Vienne), a décidé de rendre payant son parking. Une décision qui a provoqué l'agacement des patients et des visiteurs. « Ne m’en parlez pas ! Je trouve ça inadmissible ! » Les usagers croisés devant l'établissement ne décolèrent pas. Depuis le 24 avril, la polyclinique a décidé de rendre payantes ses 800 places de stationnement. Les 30 premières minutes sont gratuites mais il faut compter 1,20 euro pour une heure de stationnement et 2,80 euros pour deux heures. Les patients doivent débourser 7,60 euros pour stationner cinq heures.
« Chaque matin, à peine ma blouse enfilée, je n’entends parler que de ça », reconnaît un praticien préférant garder l’anonymat. « Les patients râlent toute la journée et on peut les comprendre. Ils râlent parfois contre nous mais nous n'y sommes pour rien. Au départ, on craignait même que cela impacte notre activité. Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas. On imagine qu’avec le temps, ça va se calmer ».
Cécile Blanc, la directrice de la polyclinique, reconnaît avoir eu quelques remontées négatives après l'instauration du nouveau système. « Mais d’autres personnes se montrent compréhensives », assure-t-elle. « En France, 85 à 90 % des établissements de santé, publics ou privés, proposent un parking payant. Au début, tous disent que c’est difficile à faire accepter. Mais il faut savoir que cette décision a été prise à regret », assure-t-elle. Un choix qui trouve son origine dans une hausse des coûts de l’énergie ayant fortement impacté les finances de la polyclinique.
Inflation
« Les problématiques économiques que nous rencontrons nous ont mis dans le rouge. Nous avons subi une hausse de plus d’un million d’euros des coûts de l’énergie, pour chauffer et éclairer la polyclinique. Nous avons eu aussi une inflation des frais de pharmacie. Pour la première fois, on s’est retrouvé dans une situation déficitaire. Nous nous étions jusqu’à présent refusés de franchir le pas. Il ne s’agit pas de gagner de l’argent, mais plutôt d’arrêter d’en perdre », continue Cécile Blanc.
Un argument que n’entendent pas forcément les visiteurs venus cette semaine à la polyclinique. « C’est du vol ! » tranche Éric, au moment de payer son stationnement à la caisse automatique avec, à ses côtés, sa mère tout juste sortie de l’hôpital, la tête entourée d’un bandage. « Sur le principe, payer pour se faire soigner, je ne trouve pas ça normal. On assiste à une privatisation du monde de la santé. De toute façon, on paye désormais partout et tout le temps. J'ai amené ma mère ce matin et j’ai réglé 2,40 euros. Je reviens la chercher cet après-midi, j’en ai pour 1,20 euro de plus ! »
Les parkings des deux autres sites de Limoges, le pôle ophtalmologie (200 places) et le site Émailleurs-Colombier (300 places) vont ces prochains jours devenirs payants eux aussi. « Malheureusement, il n’était pas envisageable de faire autrement », résume la directrice de la polyclinique, qui note qu’à Limoges, le parking du CHU est, lui aussi, payant, tout comme les stationnements en ville, pour se rendre chez le médecin.
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