L'effet des restructurations des services et sites hospitaliers se traduit en 2018 par la fermeture de 4 172 lits hospitalisation complète (hôpitaux et cliniques), soit une baisse de 1 % de la capacité d'accueil (environ 400 000 lits).
Engagée dans le cadre du virage ambulatoire, cette concentration du parc hospitalier public et privé s'accompagne parallèlement de la création de 1 839 places d'hospitalisation partielle*, détaille une étude de la DREES (ministère de la Santé) publiée ce jeudi.
En 2017, les établissements de santé étaient déjà passés sous la barre symbolique des 400 000 lits d'hospitalisation à temps complet, soit 69 000 lits de moins qu'en 2003 et même 100 000 lits supprimés en une vingtaine d'années ! Et en 2018, les 3 036 hôpitaux et cliniques disposent de 395 693 lits d'hospitalisation complète et de 77 000 places (à temps partiel). Cette diminution de la capacité de prise en charge avec nuitée en établissement confirme « le repli observé depuis plusieurs années, reflet de la volonté de supprimer des lits excédentaires et de réorganiser l'offre » de soins, note la DREES.
Le nombre d'hôpitaux et de cliniques est lui aussi en baisse. « Cette évolution est plus marquée dans le public », écrit la DREES. Leur nombre est passé de 1 416 sites géographiques en 2014 à 1 356 en 2018 (-4,2 %). On compte cette même année 999 cliniques, soit 13 de moins qu'en 2017 (-1,7 %). À deux structures près, le nombre d'ESPIC (secteur privé non lucratif)est resté stable à 681 entités.
La HAD en croissance
En parallèle, un « nombre croissant de procédures [médicales, chirurgicales, NDLR] se tournent vers des alternatives à l'hospitalisation à temps complet », lit-on.
Avec 5 300 places créées depuis 2013 (+7,4 % en cinq ans), l'hospitalisation à temps partiel est donc la première à en profiter. En 2018, cette progression se poursuit (+2,4 %) et porte le nombre total de places à 77 291.
Dans ce cadre, les soins de suite et de réadaptation sont les plus dynamiques (+7,6 % de places). En médecine, chirurgie et obstétrique, la diminution du nombre de lits est la plus franche (-1,4 %) tandis que le nombre de places augmente de 2,3 %. Ce double phénomène est moindre en psychiatrie (-1,1 % de lits, +0,3 % de places).
Autre alternative à la prise en charge conventionnelle, l'hospitalisation à domicile (HAD) est elle aussi en croissance (+3,4 % en 2018) et atteint 18 000 patients « pouvant être pris en charge simultanément sur le territoire ». Cette prise en charge ne représente toutefois que 5,5 % des capacités de prise en charge en hospitalisation complète en court et moyen séjours.
Interrogée ce jeudi sur France 2 sur sa politique hospitalière, la ministre de la Santé Agnès Buzyn s'est montrée rassurante : « La fermeture des lits n'est pas un sujet, ce n'est pas la volonté du ministère de la Santé. »
Hôpital : Je suis prête à rouvrir des lits partout où il en manque, en fonction des besoins que me remontent les hôpitaux. @Caroline_Roux @France2tv pic.twitter.com/tVXvMYblHb
— Agnès Buzyn (@agnesbuzyn) October 17, 2019
* Alternative à l'hospitalisation à temps complet, l'hospitalisation partielle, selon la définition de la DREES, concerne les séjours de moins de 24 heures en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) et de plusieurs journées ou nuitées de moins de 24 heures en psychiatrie et en soins de suite et de réanimation.
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