Après une période de hausse constante du taux d'incidence de la légionellose entre la fin des années 1990 et l'année 2005, suivie d'une baisse régulière du nombre de cas entre 2005 et 2009 (1 206 cas en France en 2009, soit un taux d'incidence de 1,9/100 000 habitants), l'année 2010 a de nouveau enregistré une augmentation du nombre de malades : 1 540 cas déclarés, soit un taux d'incidence égal à 2,4/100 000 (1 ; 2). La létalité reste importante : 11,5 % en 2009 (1), 11,7 % en 2010 (2). Les recommandations publiées par l'Afssaps en 2011 font le point sur les méthodes diagnostiques et le traitement antibiotique de cette pneumonie, dans le contexte actuel d'émergence de l'antibiorésistance (3).
UNE MALADIE À DÉCLARATION OBLIGATOIRE
-› La grande majorité des légionelloses est d'origine communautaire, 9 % seulement étant d'origine nosocomiale (4). Le tableau clinique n'est pas toujours évocateur (1/3 des cas seulement), mais il se traduit alors par une pneumonie d'allure sévère, souvent bilatérale, à début progressif et sans signe ORL, avec un pouls dissocié (5). La présence de signes extra-respiratoires (neurologiques, digestifs, cardiaques…), la notion de voyage ou d’exposition à l’eau en aérosol, le contexte épidémique, et l'échec d’un traitement initial par bêta-lactamines à visée anti-pneumococcique sont des éléments d'orientation, mais leur absence n'écarte pas le diagnostic. Certains facteurs de risque ont été identifiés : âge élevé, tabagisme, diabète, maladie broncho-pulmonaire chronique, néoplasie, insuffisance rénale sévère, déficit immunitaire (3).
-› Le diagnostic biologique repose en première intention sur la recherche de l’antigène de Legionella pneumophila de sérogroupe 1 dans les urines (3). La positivité du test, effective 24 à 48 heures après l'exposition et persistant en moyenne 2 mois, n'est pas modifiée par l'antibiothérapie. L'antigénurie suffit pour effectuer la déclaration obligatoire de la maladie, d'où découlent une enquête épidémiologique et d'éventuelles mesures environnementales.
On distingue les cas confirmés et les cas probables. Les premiers se définissent par la présence d'une pneumopathie associée à au moins l'un des critères biologiques suivants : isolement de Legionella dans un prélèvement clinique (hémoculture ou prélèvement respiratoire), augmentation du titre d'anticorps (fois 4) avec un 2e titre minimum de 128, immunofluorescence directe positive, présence d'antigène soluble urinaire (6). Un cas probable correspond à la présence d'une pneumopathie associée à un titre d'anticorps élevé (inférieur ou égal à 256).
MACROLIDES EN AMBULATOIRE
-› Le choix de l'antibiotique dépend de la gravité de l'atteinte infectieuse et du terrain sous-jacent (troubles hépatiques, digestifs, interactions médicamenteuses…). Les légionelles sont des bacilles gram négatif à développement intracellulaire. Elles sont résistantes aux bêta-lactamines.
-› Le traitement antibiotique d'une légionellose confirmée fait appel aux macrolides, dont l'efficacité est incontestée dans cette indication. Dans les formes d'intensité légère à modérée, c'est-à-dire chez les patients ambulatoires ou hospitalisés dans un service d’urgences ou de médecine, les macrolides sont recommandés en monothérapie. Parmi les molécules disponibles sous forme orale, seule l'azithromycine n'a pas l'AMM dans l'indication "pneumopathie communautaire" (Vidal 2012), mais l'Afssaps indique que l'on dispose d'une documentation clinique témoignant de son efficacité dans la légionellose humaine, et la recommande préférentiellement. Les fluoroquinolones ne sont pas recommandées dans les formes légères à modérées, du fait du risque lié à l’antibiorésistance (3).
Dans les formes graves (hospitalisation en unité de soins intensifs ou en réanimation et/ou chez les sujets immunodéprimés), on utilise soit une fluoroquinolone seule, soit une association de 2 antibiotiques (Voir tableau 1).
-› La durée du traitement est de 8 à 14 jours pour les formes non graves (5 jours pour l’azithromycine), et de 21 jours dans les formes graves et/ou chez l’immunodéprimé (10 j pour l’azithromycine).
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