Le respect des délais reste la pierre angulaire de la prise en charge de l'AVC. « Plus les traitements sont administrés tôt, plus on diminue le handicap physique, psychologue et social induit par l'AVC », souligne le Dr Pierre Charestan, président des CME des CH d'Ile-de-France et médecin urgentiste à l'hôpital Robert Ballanger.
Traitement de référence de l’AVC ischémique
La thrombolyse intraveineuse doit être réalisée dans les 4 h 30 suivant l’apparition des premiers signes cliniques. La thrombectomie mécanique, quant à elle, peut être effectuée dans un délai de 6 heures après le début des symptômes : soit d’emblée en association avec la thrombolyse intraveineuse ; soit en recours après échec d’un traitement par thrombolyse intraveineuse ; soit seule, en cas de contre-indication à la thrombolyse intraveineuse.
« Certains patients peuvent également être traités jusqu'à 24 heures après le début des symptômes de l'AVC, mais leur sélection doit être effectuée par les neurologues et les neuro-radiologues sur des critères clinico-radiologiques bien précis » affirme le Dr Corabianu, chef de service du centre neuro-vasculaire de l’hôpital Robert Ballanger qui prend en charge environ 800 AVC par an.
Des unités dédiées à la prise en charge de l'AVC
Créées dans les années 1970 et développées vers la fin des années 90 lors de l’arrivée de la thrombolyse, les unités neuro-vasculaires (UNV) sont spécialisées dans la prise en charge des AVC. Il en existe plus de 130 en France. Dans les hôpitaux dotés d'une UNV (Unité Neuro-Vasculaire), un neurologue présent 24 heures sur 24 est dédié à la prise en charge urgente des AVC. « Lorsqu'un patient suspecté d'avoir un AVC arrive aux urgences de l'hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois, il est pris en charge immédiatement par un neurologue de l'UNV. Si l'examen clinique oriente vers un AVC, une IRM (ou à défaut, un angioscanner) est réalisée pour confirmer ce diagnostic et l'affiner », explique le Dr Charestan.
En effet, l'imagerie est indispensable pour connaître l'origine ischémique ou hémorragique de l'AVC, ainsi que le traitement adéquat. « Lorsque le patient peut bénéficier d'une thrombolyse, il est transféré immédiatement vers l'unité de soins intensifs neuro-vasculaires (USINV) de l'hôpital pour une prise en charge optimale. En revanche, notre hôpital n'étant pas équipé pour réaliser les thrombectomies, nous avons signé des conventions avec la Fondation Rothschild et l'hôpital Lariboisière qui prennent en charge, en extrême urgence, avec l’aide du SAMU 93, nos patients pour ce type de traitement », précise le Dr Corabianu.
Des accords de télémédecine et de télétransmission d’images
En France, depuis les années 1990, les UNV se sont organisées pour améliorer et accélérer la prise en charge des AVC. La présence de structures d’urgence à moins de trente minutes du domicile, et la réactivité des sapeurs-pompiers et des SAMU ont pu apporter des bénéfices considérables pour les patients. Par ailleurs, tout service d'urgence – ouvert 24 heures sur 24- doit disposer d'un plateau technique, équipé, a minima, d'un scanner. Néanmoins, certains services d'urgence ne bénéficient pas d'une UNV au sein de leurs structures. « Dans ce cas, l’établissement doit impérativement mettre en place un partenariat avec une unité neurovasculaire permettant à l'urgentiste de contacter un neurologue devant toute suspicion d’AVC », indique le Dr Charestan.
De plus en plus, des accords de télémédecine et de télétransmission d’images se mettent en place entre les services d'urgences et les UNV. « Une caméra installée au sein du service des urgences permet à l'urgentiste de réaliser une téléconsultation avec le neurologue. Ce dispositif permet d’apporter, dans les meilleurs délais, une expertise nécessaire pour un diagnostic précis », explique le Dr Corabianu.
Mais le tableau est loin d’être satisfaisant : moins de 10 % des patients en France ont, aujourd'hui, accès à la thrombolyse et à la thrombectomie. « Cette situation s’explique, en partie, par le nombre réduit d’installations de scanner et d’IRM, la démographie médicale insuffisante, les difficultés d’organisation des filières de soins et des UNV qui requièrent un important investissement en personnel hautement qualifié.
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