Près de 140 000 professionnels recensés

Les métiers de la rééducation font recette

Publié le 13/10/2014
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C’est un signe des temps : les soins de kinésithérapie constituent désormais (avec les soins infirmiers et les médicaments) l’un des principaux postes de dépenses de ville chez les personnes âgées dépendantes. Parallèlement, les plans « vieillissement et solidarités » (2004-2007) puis « Alzheimer » (2008-2012) ont encouragé l’essor des professions d’ergothérapeutes ou de psychomotriciens.

La dynamique de ces professions, en majorité jeunes et féminisées, a été évaluée : au 1er janvier 2013, les professionnels de la rééducation en activité étaient 136 000 (âgés de moins de 65 ans), tous effectifs confondus. Les masseurs-kinésithérapeutes forment les plus gros bataillons (73 800), suivis des orthophonistes (21 000), des pédicures-podologues (12 000), des psychomotriciens (8 500), et autant d’ergothérapeutes et de diététiciens. Les orthoptistes (3 700) ferment la marche.

Les poids des diplômes étrangers

La flambée du nombre de ces professionnels (+45 % pour les kinés ou les pédicures-podologues entre 1999 et 2013, et même 100 % pour les psychomotriciens) s’explique d’abord par la hausse continue du nombre d’étudiants inscrits en France. Les quotas à l’entrée pour les kinés ont augmenté de façon importante (1 400 places jusqu’à la fin des années 90 mais 2 560 places en septembre 2013). Le numerus clausus des psychomotriciens a plus que doublé en 10 ans (de 360 à 849 places) sous l’effet du plan Alzheimer. Et dans ces professions sous quotas, note l’étude, le taux de déperdition est très faible (1 à 2 % seulement) entre le début et la fin des formations - contrairement aux études d’infirmières par exemple.

L’augmentation des praticiens diplômés à l’étranger, qui demandent ensuite une autorisation d’exercice pour pratiquer en France, explique également le dynamisme des métiers de la rééducation. Depuis 10 ans, plus du tiers des nouveaux diplômés en kiné ont étudié hors de France (ils sont à 57 % Français).

En 2013, les professionnels de la rééducation ont en moyenne 40,5 ans. Ce sont aux deux tiers des femmes (et même 80 % si on exclut les kinés). Ces professionnels exercent très majoritairement en libéral, en cabinet de groupe ou individuel, à l’exception des ergothérapeutes et psychomotriciens, qui préfèrent le salariat en établissement.

Ces métiers restent inégalement répartis sur le territoire. Paris, les départements côtiers et du sud de la Loire sont les plus favorisés. Les départements périphériques de l’Ile-de-France et la région Centre sont particulièrement dépourvus.

Coline Garré

Source : Le Quotidien du Médecin: 9356