Jusqu’à présent tout va bien… les Français témoignent d’une réelle confiance dans les médicaments, selon les résultats de la sixième vague de l’Observatoire sociétal du médicament du Leem, réalisés par Ipsos. Toutefois certains résultats révèlent une brèche qui doit être colmatée rapidement. Le plus inquiétant est la défiance affichée vis-à-vis des vaccins. Un Français sur deux seulement estime que la vaccination présente plus de bénéfice que de risques. Les jeunes sont les plus méfiants avec un score de 43 % chez les 25-34 ans. La présence d’un enfant dans le foyer ne modifie pas la perception qu’ont les Français de l’importance des vaccins. Cette opinion sur les vaccins a des conséquences pratiques Un Français sur deux est certain d’être à jour concernant la vaccination. « La patrie de Pasteur est aujourd’hui championne du monde du scepticisme à l’égard de la vaccination. La situation est préoccupante », commente Philippe Lamoureux, directeur général du Leem.
84 % ont confiance dans le médicament
Le médicament conserve toutefois un large capital de confiance même s’il s’érode cette année. 84% des Français ont confiance dans les médicaments. On enregistre seulement une perte de 1 point par rapport à 2015. Tous les types de médicaments sont concernés. La baisse est de 5 points pour les médicaments délivrés sur ordonnance (88 %). Elle chute de 4 points pour les médicaments remboursés (88 %) et de 2 points pour les médicaments de marque (87 %). Le secteur de l’OTC est également concerné avec une perte de 3 points (70 %). Le niveau de confiance reste stable pour les génériques (68 %). Une seule classe de médicaments progresse, l’homéopathie avec une côte en hausse de deux points (73 %).
Confiance dans le médecin à 93 %
Cet effritement de la confiance vise également les professionnels de santé. Certes les médecins généralistes disposent d’un niveau de confiance élevé (93 %) à faire pâlir de jalousie le politique le plus populaire. Toutefois, on enregistre une chute de 2 points. Elle est encore plus nette chez les spécialistes avec -4 points (92 %). Cette perte encore limitée de la confiance est également observée chez les infirmières et les pharmaciens. Dans le même temps, les Français donnent leur confiance aux lanceurs d’alerte avec une progression spectaculaire de +24 % (69 %). Dans le domaine de la santé, les diffuseurs d’information jugés dans le « système » sont ainsi mis en concurrence avec d’autres acteurs qui seraient plus libres. Le phénomène est observé dans tous les secteurs. Avec le digital, il devrait encore s’amplifier dans les prochaines années, notamment chez les jeunes.
Cette « société de défiance » s’observe bien au-delà de l’industrie pharma. L’image des entreprises se détériore dans tous les secteurs. En témoigne la chute des constructeurs automobiles (-14 %) impactés par le scandale Volkswagen dans l’opinion. Ce qui permet aux entreprises du médicament de se hisser pour la première fois à la troisième place du podium. Elles sont perçues comme utiles (85 %, -2 points), à la pointe du progrès (78 % ; -2 points) et efficaces (71 %, -5 points). Le défi sera de préserver ce capital au fil du temps.
Consulter l'étude :
http://www.leem.org/sites/default/files/slides%20Ipsos_Observatoire%20s…
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