Six résidus de pesticides sur 10 quantifiés dans l'alimentation européenne sont suspectés d'être des perturbateurs endocriniens, selon une enquête de Générations Futures. Pour l'association, le gouvernement doit prévenir d'urgence l’exposition aux pesticides perturbateurs endocriniens par voie alimentaire.
L'alimentation est une des voies d'exposition les plus importantes aux perturbateurs endocriniens. « Or, le nouveau projet de Stratégie Nationale sur les Perturbateurs Endocriniens - en cours d'élaboration au sein du gouvernement - et la future loi Agriculture et Alimentation ignorent la question de la présence de résidus de pesticides PE dans l'alimentation des Français », déplore François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. C'est dans ce contexte que l'association publie son rapport, EXPPERT 10, dédié à la question de l'exposition aux PE par voie alimentaire.
Cette enquête se fonde sur le rapport annuel de l'Autorité européenne de sécurité des aliments, publié en juillet 2018. Ce dernier fournit des informations détaillées sur les résidus des pesticides cherchés et quantifiés dans les aliments, au sein des programmes de contrôle des États membres de l'Union européenne.
« 109 843 résidus de pesticides ont été quantifiés dans plus de 40 000 échantillons alimentaires. Sur les 881 molécules recherchées, 350 ont été quantifiées au moins une fois », indique François Veillerette.
Pas de dose minimale sûre
L'association a croisé cette liste avec les données de la base TEDX. Celle-ci recense les substances pour lesquelles au moins une étude scientifique publiée a montré un effet sur le système endocrinien. Résultat : « 157 des 350 substances trouvées dans l'alimentation sont suspectées d'être des perturbateurs endocriniens », note le rapport.
« Sur les 109 843 résidus de pesticides quantifiés au total dans les échantillons alimentaires, nous avons ainsi calculé que 69 433 étaient des résidus de pesticides perturbateurs endocriniens suspectés. Ainsi, dans l'alimentation européenne, plus de 6 résidus de pesticides sur 10 sont suspectés d'être des perturbateurs endocriniens pour lesquels on ne peut prétendre qu'une dose sûre, sans effet, existe. Et donc, pour lesquels la notion de Limite Maximale en Résidus (prise en compte par l'EFSA) n'a pas de sens », précise François Veillerette. Face à ces résultats, Générations Futures demande notamment à ce que le gouvernement prenne des mesures urgentes pour faire disparaître, à terme, les pesticides perturbeurs endocriniens de l'agriculture et de l'alimentation de la population.
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