Dans le cadre du PLFSS 2011

De nouvelles économies en radiologie libérale

Publié le 21/10/2010
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Crédit photo : S. toubon/« le quotidien »

« DEPUIS 2007, les radiologues sont confrontés à des baisses tarifaires imposées sans concertation par le gouvernement et les caisses. Avec le PLFSS 2011, c’est visiblement la même logique que les pouvoirs publics ont choisi de privilégier. C’est une voie dangereuse qui met clairement en péril la radiologie, en particulier la radiologie de proximité », indique le Dr Jacques Niney.

Les quelques fuites dans la presse, à la mi-septembre, se sont au final révélées exactes. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour l’année prochaine, officiellement dévoilé fin septembre par les ministères des Finances et de la Santé, prévoit de mettre à contribution les radiologues et les biologistes : les tarifs de certains actes, qui restent à définir, seront baissés pour obtenir une économie globale de 200 millions d’euros. « Pour l’instant, nous n’avons pas beaucoup de détails mais on peut penser que les efforts seront partagés à part égale entre nous et les biologistes : 100 millions d’euros chacun », souligne le Dr Niney, qui ne cache pas son mécontentement. « Nous sommes conscients de la nécessité de gérer au mieux les dépenses de l’assurance-maladie, mais encore une fois, le gouvernement a choisi la voie des coupes brutales. Cela commence à faire beaucoup. En 2007, on nous a imposé, sans concertation, 120 millions d’euros d’économies, en 2008, 110 millions, puis 130 millions en 2009. La suppression de l’archivage a aussi eu un coût, environ 80 millions d’euros ».

Négociations.

Les mesures, annoncées dans le cadre du PLFSS 2011, sont d’autant plus mal accueillies par la FNMR que celle-ci est actuellement engagée dans un processus de négociations avec l’assurance-maladie dans le cadre d’un plan pluriannuel. « L’objectif de ce plan est de réaliser un certain nombre d’économies mais un cadre concerté et en s’appuyant sur des éléments médicalisés et pas dans cette logique de maîtrise comptable. Aujourd’hui, on s’interroge sur la poursuite des négociations avec l’assurance-maladie. Il nous semble difficile de continuer à négocier si, dans le même temps, on continue de nous imposer des mesures purement arbitraires qui ne font que fragiliser un peu plus l’imagerie en France », estime le Dr Niney.

Fragilisation.

Selon le président de la FNMR, ces plans successifs d’économies et de baisse de tarifs ont conduit à une fragilisation des structures libérales de radiologie avec deux types de conséquences : la fermeture de plusieurs dizaines de cabinets et le recul des investissements pour le renouvellement et l’acquisition de matériels. « Ce sont bien évidemment les petites structures, celles qui assurent une imagerie de proximité, qui sont les plus menacées. Les groupes préfèrent se recentrer sur leurs structures les plus efficientes, notamment pour faire tourner leurs appareils d’imagerie en coupe », indique le Dr Niney. À terme, selon la FNMR, c’est un cabinet de radiologie sur deux qui pourrait être rayé de la carte. « Une autre conséquence concerne les praticiens qui exercent dans des zones isolées. Au moment de leur départ en retraite, ils ne trouvent pas de successeurs. En effet, les jeunes radiologues ne sont pas intéressés par ce mode d’exercice et par les contraintes financières qui pèsent sur ces petits cabinets ».

Une approche pluriannuelle médicalisée.

Pour la FNMR, il est indispensable de privilégier une « lisibilité économique » pour les cabinets et les centres d’imagerie et donc une approche pluriannuelle médicalisée. Dans un communiqué du 17 septembre dernier, la Fédération réclamait un engagement « fort des pouvoirs publics dans le projet de réorganisation de l’imagerie médicale qu’elle a construit avec ses partenaires, afin d’améliorer la prise en charge des patients sur l’ensemble du territoire. Ce projet repose sur la création de pôles sectoriels d’imagerie médicale (POSIM) regroupant les moyens humains et matériels publics et libéraux ».

* D’après un entretien avec le Dr Jacques Niney, président de la Fédération nationale des médecins radiologues.

 ANTOINE DALAT

Source : Bilan spécialistes