En cas de survenue de maladie et/ou d’accidents sur un lieu de vacance à l’étranger, la facture peut très vite s’envoler. Il est tout d’abord essentiel de bien lire le détail des prestations incluses dans les diverses assurances souscrites.
« Sur les cartes bancaires, vous pouvez avoir des plafonds qui vont de 11 000 euros jusqu’à 150 000 euros en fonction des produits. Selon les destinations, 11 000 euros, ce n’est même pas un rendez-vous aux urgences à Miami », avertit le Dr Catherine Porte, directeur médical de Mondial Assistance, par ailleurs médecin urgentiste à l’aéroport d’Orly. « C’est vrai que la plupart du temps, on est multicouvert, par des contrats d’assurance variés, mais il faut faire très attention au plafond des frais médicaux. Il n’y aura pas de limite pour les rapatriements mais pour les frais médicaux engagés sur place, une fois que tous les plafonds ont été utilisés, le reste est à la charge des personnes, avec un cercle vicieux car, si vous ne payez pas, vous ne pouvez pas sortir et on ne peut pas vous rapatrier. »
Vigilance quant à la durée du séjour
Outre ces plafonds de frais médicaux, il faut aussi penser à vérifier la territorialité et la durée de séjour couverte pas ces assurances. « Par exemple, à partir d’une carte bancaire de type "gold", que vous ayez payé ou non votre voyage avec cette carte, vous êtes couverts "monde entier". En revanche, il faut faire attention car on est ici sur du voyage et des séjours de courte durée et dans tous les cas, des séjours inférieurs à 90 jours », indique le Dr Porte. « Certaines personnes à la retraite ou ayant des profils binationaux ont tendance à partir plusieurs mois à l’étranger sans prendre conscience qu’ils ne sont plus couverts après 90 jours », fait remarquer le médecin. D’où la nécessité de souscrire dans ces situations à des formules spécifiques à la carte. Pour les voyages en Europe, il ne faut pas oublier de demander à sa caisse primaire d’assurance-maladie la carte européenne d’assurance-maladie (CEAM) qui permet de bénéficier de la prise en charge des soins médicaux selon la législation et les formalités en vigueur sur place, dans une trentaine de pays. Mais là aussi, attention aux structures privées dans certains endroits comme les îles Canaries où tout est facturé à l’euro près, au point d’engendrer un reste à charge important si le malheureux vacancier n’est pas couvert par une assurance complémentaire.
Les États-Unis en tête de liste
« À Mondial Assistance, 30 000 dossiers d’assistance médicale ont été ouverts sur l’année 2013, parmi lesquels 1 200 rapatriements sanitaires dont un tiers de cas pour motifs de traumatologie, un autre tiers de pathologie cardio-neuro-vasculaire et un dernier tiers regroupant une grande diversité de cas : de la gastro, de l’infectieux, de la néphro, de la psychiatrie, de la rhumato, de la pédiatrie, de la gynéco… », précise le Dr Porte. Sur les 30 000 dossiers, beaucoup concernent aujourd’hui les États-Unis. « Vient ensuite l’Asie, et le gros du reste touche le bassin méditerranéen dont la Turquie. On relève aussi un nombre non négligeable de dossiers dans des pays qui s’ouvrent au tourisme, notamment en Amérique du Sud », résume l’urgentiste. Si les profils des patients s’avèrent très hétérogènes, une évolution notable est constatée s’agissant des personnes âgées. « En particulier, celles de plus de 70 ans qui aujourd’hui voyagent dans des endroits où on ne les attendait pas du tout il y a encore dix ans, comme le Pérou, avec tous les problèmes des maladies inhérents liées à l’altitude », signale pour conclure le Dr Porte.
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