En réponse à une saisine du Collège national des généralistes enseignants (CNGE), la Haute Autorité de santé publie ce 29 juin une série de réponses rapides consacrée à la prise en charge de premier recours des patients suspectés de Covid-19, dans le contexte du déconfinement.
Ces messages, élaborés par les universitaires de médecine générale avec le Collège de la médecine générale (CMG) et de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), « confirment que la prise en charge de la majorité des patients atteints de Covid-19 relève du secteur ambulatoire », souligne le CNGE, en demandant à tous les généralistes de s'appuyer sur ces recommandations. Et de dénoncer une période marquée par « le sensationnalisme médical et médiatique, l’esbroufe, le désir exacerbé de notoriété ou encore l’auto-promotion », contraires à la qualité des soins et à l'éthique.
Prescription des tests sérologiques et virologiques
La HAS rappelle que l’évaluation clinique initiale et de suivi est à effectuer, de préférence, en présentiel. L’examen clinique doit inclure la mesure de la saturation en oxygène, élément crucial du diagnostic, puisque c'est le seul qui permette de choisir entre une prise en charge ambulatoire ou une hospitalisation.
Puis la HAS détaille la conduite à tenir face à un patient symptomatique. S'il consulte entre J1 et J7 après le début des symptômes, le médecin doit prescrire un test RT-PCR sur un prélèvement nasopharyngé (virologique).
Si ce 1er test est négatif, en cas de forte suspicion, un second test RT-PCR doit être fait entre J2 et J7 après le début des symptômes. À défaut, ou si le patient est vu en consultation à partir de J8 après le début des symptômes, le médecin doit prescrire un test sérologique à réaliser à partir de J 14.
Face à un patient asymptomatique, qui consulte jusqu'à 10 jours après une exposition à un cas de Covid, le médecin doit prescrire un test RT-PCR à faire entre J3 et J10. Si le patient consulte plus de 10 jours après l'exposition, il doit se soumettre à un test sérologique, à partir de J20.
Des tests parfois délicats d'interprétation
Pour rappel, les tests sérologiques indiquent si le patient a déjà rencontré le virus. Mais ils ne renseignent pas sur la contagiosité d’un patient et ne permettent pas, en l’état actuel des connaissances, de statuer sur une éventuelle immunité protectrice contre le virus. Ils sont relativement délicats d'interprétation, reconnaît la HAS. La présence d’IgM sans IgG révèle une infection plutôt débutante ; la présence d’IgG sans IgM traduit une infection à un stade plus avancé voire passée, mais sans dire si la personne est en fin d’infection ou guérie, lit-on.
Les PCR indiquent eux, si le virus est ou non présent dans le nasopharynx du patient, c’est-à-dire si le patient est infecté par le virus. « C’est la date d’apparition des symptômes qui oriente le choix du médecin dans sa prescription », résume la HAS.
Évaluation des conditions d'isolement par le généraliste
L’isolement du patient est débuté en attente du résultat de la RT-PCR. Les propositions de conduite à tenir vis-à-vis de l'entourage (isolement, dépistage…) reviennent au clinicien et dépendent du niveau de suspicion chez le patient et des caractéristiques de l'entourage (fragilité, profession…). Quand un diagnostic est positif, la HAS insiste sur l’importance d’isoler le patient et de prévenir au maximum les potentiels cas contacts.
Le traitement est symptomatique, éventuellement combiné à un suivi du patient par d’autres professionnels de santé selon les besoins (kinésithérapeute, diététicien, orthophoniste…). La HAS rappelle qu'il n'y a pas d’indication à prescrire une antibiothérapie. Et demande d'inciter les patients à participer aux essais cliniques en soins de santé primaires.
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