-NEJM L’hypothèse de la carence en vitamine D a été évoquée pour expliquer l’augmentation de l’asthme dans les pays industrialisés. D’autant que la vitamine D joue un rôle dans le développement des poumons et des voies respiratoires dans les trois à quatre premières semaines de gestation.
Dans une publication précédente les auteurs avaient montré qu’une supplémentation en vitamine D de la mère diminuait significativement le risque d’asthme de l’enfant à 3 ans. Mais à 6 ans de suivi, les auteurs déchantent : dans cette nouvelle analyse, la vitamine D maternelle ne protège plus du risque d’asthme ni de celui de sifflements respiratoires récidivants. Même les analyses en sous-groupes n’y peuvent rien. Petite touche positive toutefois, les auteurs rapportent un léger effet sur les résistances respiratoires périphériques mesurées par oscillométrie. Les analyses plus fines montrent aussi que les taux les plus élevés de vitamine D sont associés à de meilleurs paramètres de ventilation pulmonaire.
Pour expliquer la "discordance" de leurs résultats, les auteurs rappellent la difficulté à diagnostiquer l’asthme chez le petit. L’histoire naturelle est loin d’être simple. Les enfants qui sifflent ne vont pas devenir automatiquement asthmatique et pour l’instant, on ne sait pas identifier ceux qui vont évoluer vers l’asthme. Ces différents types de siffleurs ne répondent probablement pas au même traitement, ce qui pourrait « diluer » l’effet propre de la vitamine D au cours du temps. Autre explication : il y aurait bien « une prévention précoce efficace mais temporaire d’où la nécessité de supplémenter les enfants en vitamine D après la naissance pour prolonger l’effet initial » écrivent les auteurs. L’étude récente D-Wheeze réalisée chez le prématuré en 2018 va dans le sens d’un intérêt de la supplémentation. D’autres limites sont également évoquées : l’absence de prise en compte du niveau maternel de vitamine D à l’entrée ou la notion d’épisode viral chez les enfants.
Egalement cette semaine :
-Cochrane Rewiews : AVC, la télé-rééducation efficace
Une revue Cochrane montre que la télé-rééducation fait aussi bien que la rééducation en présentiel après un accident vasculaire cérébral (AVC). Les auteurs de ce travail ont réuni 22 études menées sur près de 2000 patients. Principale cause de handicap de l’adulte, l’AVC nécessite le plus souvent un programme pour restaurer une autonomie dans les activités de la vie quotidienne. Habituellement, la rééducation se fait en centre spécialisé. Des études récentes ont investigué la possibilité de se servir des outils de communications comme la téléconsultation ou Internet pour aider les patients à se rééduquer sans quitter leur domicile. Les études ont inclus de nombreux types d’intervention visant aussi bien les troubles de l’humeur que les capacités fonctionnelles ou la marche. Cette hétérogénéité des programmes rend difficile la synthèse des résultats. Pour autant, les auteurs du travail observent que les résultats sont superposables entre télé-rééducation et rééducation standard sur les habiletés de la vie quotidienne.
-Anesthesia and Analgesia : Césarienne, l’anesthésie générale favorise le blues du post-partum
Être endormie pour une césarienne augmente de plus de moitié le risque de dépression postnatale sévère par rapport à une césarienne faite sous anesthésie loco-régionale. L’étude américaine réalisée à New York a étudié plus de 400 000 césariennes faites entre 2006 et 2013. Parmi celles-ci, 8 % ont été effectuées sous anesthésie générale. Sur la même période, 1 158 femmes ont souffert d’une dépression du post-partum diagnostiquée dans 60 % du cas lors d’une réhospitalisation en moyenne cinq mois après l’accouchement. Comparativement à l’anesthésie loco-régionale, l’anesthésie générale pour césarienne augmente de 54 % le risque de dépression, particulièrement les formes sévères avec risque suicidaire. « Elle retarde l’interaction peau à peau avec la mère, diffère l’allaitement et occasionne des douleurs du post-partum plus aiguës et plus prolongées » explique le Dr Jean Guglielminotti, un des coauteurs de ce travail.
-Cancer Medicine : Se sentir vieux augmente la mortalité par cancer
Le vécu négatif de son propre vieillissement ou l’attitude négative par rapport à l’âge peuvent affecter le risque de décès précoce après l’annonce du diagnostic de cancer. Dans une étude belge de 140 individus de plus de 65 ans souffrant d’un cancer non métastatique, les patients ayant la plus mauvaise perception du vieillissement avaient un risque de décès multiplié par 3,62 par rapport à ceux ayant une attitude plus positive par rapport à l’avancée en âge après ajustement sur des facteurs de confusion potentiels. Les auteurs en déduisent que cette perception est un facteur de vulnérabilité. Ils pensent que les professionnels de santé devraient adapter leur discours à ce biais cognitif négatif en particulier dans la communication et l’accompagnement.
-Nature : Le Parkinson précoce, une maladie congénitale ?
Les maladies de Parkinson précoces (avant 50 ans) concernent 10 % des cas. Si certaines sont associées à des mutations génétiques connues, la plupart ne le sont pas. Pour rechercher des marqueurs moléculaires, les chercheurs ont reprogrammé des cellules sanguines de 22 patients atteints de Parkinson précoce pour en faire des cellules souches pouvant se redifférencier en cellules cérébrales. Ils ont observé que ces cellules contiennent une accumulation de protéines alpha-synucléine dont on connaît la toxicité neuronale. Ils ont également détecté des lysosomes dysfonctionnels et d’autres structures intracellulaires qui ne parviennent pas à éliminer cette protéine. Dans la mesure où l’origine de ces anomalies peut être remontée jusqu’aux cellules souches, ils en déduisent que les patients souffrant de Parkinson précoce sont « nés avec une machinerie cellulaire déficiente ». Par ailleurs, les chercheurs ont trouvé une molécule PEP005 qui permet de réduire l’accumulation d’alpha-synucléine sur des cultures cellulaires et sur le cerveau de souris.
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