Alors que le variant anglais (ou VOC B117) du SARS-CoV-2 est suspecté depuis plusieurs semaines de présenter non seulement une transmissibilité accrue mais aussi une virulence augmentée par rapport à la souche historique, de nouveaux travaux infirment cette hypothèse. D'après deux études britanniques publiées hier, le mutant apparu Outre-Manche n’entraînerait en effet pas plus de formes graves de covid-19 que ses prédécesseurs.
Pas plus de formes graves
« Nous n'avons trouvé aucune association entre variant B117 et sévérité », rapportent les auteurs de la première étude, parue dans le Lancet Infectious Diseases.
De fait, parmi les 341 patients hospitalisés pour covid-19 à Londres que les chercheurs ont inclus dans leur travail entre novembre et décembre, la prévalence des formes les plus graves n’est pas apparue significativement différente chez les 198 personnes (58 % de la cohorte) contaminées par le variant par rapport aux 141 individus (42 %) infectés par d’autres souches. « 36 % des patients porteurs du variant B117 et 38 % des patients ne portant pas le variant B117 ont présenté les critères associés à une forme grave (niveau 6 et plus sur l’échelle de l’OMS à 9 stades ou décès) », précisent les auteurs qui notent toutefois une proportion plus importante de patients ayant reçu une oxygénothérapie avec le variant B117 (44 %) qu'avec les autres clones (30 %).
L’étude confirme par ailleurs la plus grande transmissibilité du clone anglais. « Nous avons trouvé une charge virale accrue avec le variant B117 », indiquent les chercheurs.
Des symptômes classiques
Des résultats corroborés par une autre étude cette fois publiée dans le Lancet Public Health, dont les auteurs se sont attachés à analyser les données de près de 37 000 Anglais testés positifs au SARS-CoV-2 entre septembre et décembre. Tous avaient alors utilisé une application mobile de signalement des symptômes du covid, informations que les chercheurs on croisé avec les taux de circulation du variant recensés à la fin de l'automne.
Résultats : si le variant britannique présente bien un taux de reproduction (R0) accru d’un facteur 1,35 par rapport aux variants pré-existants, « nous n’avons trouvé aucun changement concernant les symptômes rapportées ou la durée de la maladie associé au variant B117 », assurent les auteurs.
Reste à confirmer ces données plutôt rassurantes par d’autres travaux, alors que le BMJ et Santé Publique France, par exemple, viennent à contrario d’appuyer l’hypothèse d’une virulence accrue.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention