Bonne ou mauvaise nouvelle ? Plus d’une femme sur deux a participé au dépistage organisé du cancer du sein. On peut voir dans cette statistique le verre à moitié plein, puisque 150 00 cancers du sein ont pu être détectés en 10 ans par le programme de dépistage et 15 000 femmes ont été identifiées comme porteuses d’une mutation du gène BRCA. Sans compter les 10% à 15% de femmes qui réalisent des mammographies de dépistage à la demande du médecin ou de leur propre initiative. Mais on peut y voir aussi le verre à moitié vide puisque l’impact d’un programme de dépistage organisé permet une réduction de 15% à 21% de la mortalité par cancer du sein … et donc, qu’une femme sur deux ne bénéficie pas de ce progrès. Alors que parmi elles, une sur huit sera confrontée à cette pathologie qui détectée à un stade précoce, se guérit 9 fois sur dix.
Pour les pouvoirs publics qui ont généralisé le dépistage organisé en 2004, cet état de fait n’a rien de satisfaisant. A l’occasion d’Octobre rose, rendez-vous annuel désormais rituel dans la lutte contre le cancer du sein, le ministère de la Santé a décidé d’une série de mesures concrètes menées avec l’Inca.
Ainsi, toutes les femmes à un « risque élevé » et « très élevé » de développer un cancer du sein, qui bénéficient aujourd’hui d’une prise en charge de droit commun, pourront bénéficier d'un remboursement à 100% par l'Assurance maladie des examens de dépistage nécessaires, quel que soit leur âge, a annoncé mardi Marisol Touraine. « Cette mesure sera effective au printemps", a déclaré la ministre insatisfaite d’une participation au dépistage organisé qui stagne depuis plusieurs années. Selon Agnès Buzyn, présidente de l'Institut national du cancer (INCa), 20% des femmes ont des risques aggravés du fait d'avoir un cancer du sein avant l'âge de 50 ans.
La ministre a également annoncé mardi le lancement d'une vaste "concertation citoyenne et scientifique" sur le dépistage du cancer du sein, avec l'ouverture d'un site (www.concertation-depistage.fr) destiné à recueillir des avis. Les réticences de certaines femmes ont notamment été alimentées par une polémique sur le "surdiagnostic" qui pourrait toucher entre 10% et 20% des femmes dépistées, selon l'INCa.
Les contributions des internautes sur pourront être postées sur internet jusqu'au 15 mars sur concertation-dépistage.fr, et parallèlement, l'INCa va piloter des réunions de concertation sur l'intérêt et l'organisation du dépistage du cancer du sein, afin de recueillir les avis de 20 femmes représentatives des Françaises et de 20 professionnels de santé. Après une "réunion publique de clôture", un rapport devrait être publié l'été prochain pour faire des propositions afin d'améliorer le dépistage, a précisé la ministre.
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